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28/09/2016

Semaine chargée en vue pour Juncker

Politique

Semaine chargée en vue pour Juncker

Entre un discours au Parlement européen le 14 et le sommet de Bratislava le 16, Juncker répondra aux questions de Laetitia, bloggeuse du sud de la France.

Le président de la Commission européenne se rend à Strasbourg pour y prononcer un discours sur l’État de l’Union, alors que les tensions se multiplient. Il doit aussi être interviewé par des bloggers (photo) avant le sommet de Bratislava, vendredi.

En arrivant à son poste, Juncker avait estimé que sa Commission était celle de la dernière chance. Et de fait: en plus d’une crise des réfugiés sans précédent, de la montée des populismes, du départ d’un pays avec le Brexit, l’exécutif européen doit gérer un bloc de l’Est de plus en plus rebelle et uni contre les pays fondateurs de l’UE, comme lors de la procédure dite de « carton jaune » décerné à la Commission sur la révision de la directive sur les travailleurs détachés.

L’humeur est si noire que Pierre Moscovici n’a pas hésité à s’interroger, début septembre, sur le fait que sa Commission « était la dernière ? ».

Première embûche de la semaine, le 12 : le Parlement européen interrogera le Britannique Julian King, que Juncker veut placer au poste de commissaire à la sécurité. Si le Parlement européen semble l’accueillir avec bienveillance, la question de la légitimité d’un pays sortant à garder en main le projet d’une Union de la sécurité reste entière, et rendra l’audition du diplomate délicate.

L’enjeu de l’Europe sociale reste un voeu pieux

Mercredi, le chef de l’exécutif prononcera son discours de politique générale, sur l’Etat de l’Union, pour la seconde fois. Une séquence lors de laquelle il devrait, selon nos informations, faire une bonne place aux questions sociales. Mais la gauche du Parlement européen ne se laissera pas facilement convaincre, tant les beaux discours se suivent sans être concrètement traduit. «Il va falloir qu’il nous démontre qu’il a été équilibré par rapport aux accords que nous avons établis avec la droite », prévient Sylvie Guillaume, membre de la délégation socialiste au Parlement européen et vice-présidente de l’institution.

La question sociale sera justement le 14 au cœur du vote d’un rapport d’initiative d’un autre socialiste français, Guillaume Balas, adopté cet été en commission. En juillet, le rapport portant sur principalement sur le dumping social avait été adopté à une très large majorité. Or le PPE semble s’interroger sur la pertinence de ce texte,  et souhaite décortiquer le vote en morceaux (split-vote) pour évacuer les éléments qui font encore débat, comme la création d’une agence sur le transport routier, la suspension des chantiers sur lesquels sont constatés des manquements graves à la législation des travailleurs détachés. Une preuve supplémentaire du manque d’appétit de la droite pour les questions sociales, qui entaille l’unité de la grande coalition.

La présidence du Parlement européen en question

Le président doit aussi rencontre le Parti populaire européen, qui prévoit de reprocher au président une petite phrase prononcée début juillet, qui est mal passée à droite. Le président avait en effet déclaré que chacun savait que Martin Schulz resterait à son poste sur la fin de la législature.

Or à droite, le PPE ne l’entend pas du tout de cette oreille. Les candidatures affluent déjà, notamment chez les eurodéputés français, qui ne comprennent pas que certains soient prêts à abandonner l’alternance traditionnelle de la mi-mandat. 

Des youtubeurs pour faire jeune

Jeudi 15, Juncker rencontrera des adversaires d’un nouveau genre : il sera interviewé par 3 « youtubeurs » venus de Pologne, d’Allemagne, et de France, choisis pour leur public « jeune ». Laetitia, la bloggeuse française de Lecorpslamaisonl’esprit, a d’ordinaire plus coutume de parler végétarisme ou épilation que politiques européennes.

Enfin vendredi, la partie ne s’annonce pas des plus simples avec le premier sommet européen à 27 organisé par la présidence slovaque à Bratislava. L’ordre du jour de ce sommet, qui se consacrera à la sécurité, la défense ou à l’emploi des jeunes, doit aboutir à une nouvelle vision de l’Union européenne pour les 60  ans du Traité de Rome, en mars prochain. La partie n’est pas gagnée.

   

A Bratislava, l'UE s'apprête à «appeler un chat un chat»

Le sommet de Bratislava du 16 septembre marquera le début d’une réflexion sur les difficultés rencontrées par l’UE. Cette réflexion pourrait aboutir à la formulation d’une nouvelle vision de l’Union en mars prochain, pour les 60 ans du Traité de Rome, a indiqué la présidence slovaque.

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