Zagreb demande à la Slovénie de cesser son chantage

Le Premier ministre croate, Andrej Plenković, a appelé la Slovénie à cesser son « chantage » diplomatique lié à la question de la frontière entre les deux anciennes Républiques yougoslaves, et à reprendre le dialogue.

Andrej Plenković a soulevé la question lors d’une session gouvernementale suite à la menace slovène de bloquer l’accès de Zagreb à l’espace Schengen et à l’Organisation de coopération économique et de développement (OCDE).

La Slovénie, membre de l’UE depuis 2004, veut que Zagreb accepte la décision d’une Cour internationale d’arbitrage au sujet de la frontière maritime et terrestre dans le nord de l’Adriatique ; ce que rejette la Croatie, qui estime que la procédure judiciaire a été compromise et est donc nulle et non avenue.

Les responsables slovènes ont déclaré à Euractiv cette semaine que l’incapacité de la Croatie à respecter la décision représente une violation à l’État de droit de l’UE et pourrait entraver ses efforts pour rejoindre Schengen. La Slovénie a également déclaré cette semaine aux ambassadeurs européens à Bruxelles qu’elle ne soutiendrait pas la volonté de Zagreb de rejoindre l’OCDE.

« J’appelle la Slovénie à soutenir la Croatie, en tant qu’États membres de l’UE, dans ses efforts pour rejoindre l’OCDE et à abandonner la politique de chantage », a déclaré Andrej Plenković, lors de la session gouvernementale hebdomadaire.

« Une telle politique ne mène à rien, comme nous l’avons vu il y a quelques années. Je pense que ce serait une bonne chose que la Slovénie et la Croatie soient tous les deux membres de l’OCDE. J’espère que nous trouverons une solution à travers le dialogue », a-t-il ajouté.

Andrej Plenković faisait ainsi référence à la tentative de la Slovénie de bloquer l’entrée de la Croatie dans l’UE, qui a duré de 2008 jusqu’en 2011, lorsque les deux pays se sont accordés à soumettre leur problème de frontières à une Cour internationale d’arbitrage. La Croatie a rejoint l’UE en 2013.

Le conflit autour des eaux contestées de l’Adriatique et d’une bande de terre remonte à l’éclatement de la Yougoslavie en 1991. La frontière en question était alors non tracée et contestée des deux côtés.

Le tribunal international a annoncé son verdict le 29 juin 2017, mais, le jour même, Zagreb annonçait déjà de son côté qu’elle ne le respecterait pas.

Croatie et Slovénie à cran sur leurs eaux territoriales

La Croatie rejette le verdict du tribunal international qui donne accès à la Slovénie aux eaux internationales en passant par un couloir marin en eaux croates. Ce différend pourrait créer de nouveaux obstacles à l’élargissement de l’UE dans les Balkans.

La Croatie affirme que la procédure d’arbitrage a été biaisée puisqu’en 2015, il est apparu qu’un responsable slovène avait discuté de l’affaire avec un membre de la commission d’arbitrage. Ljubljana ne conteste pas cette accusation, mais insiste sur le fait que la Croatie doit s’en tenir aux termes de l’accord.

La Commission européenne soutient la position slovène et encourage Zagreb à respecter le verdict. Reste à savoir si l’exécutif prendra des mesures concrètes.