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01/10/2016

Juncker devrait aller au bout de son mandat selon des experts

Politique

Juncker devrait aller au bout de son mandat selon des experts

Jean-Claude Juncker

Les présidents des trois institutions européennes devraient rester en poste jusqu’à la fin de leur mandat, en 2019.

Selon une enquête de VoteWatch Europe, représentant l’opinion de 105 spécialistes de l’UE, les présidents de la Commission européenne, du Parlement et du Conseil devraient tous les trois rester en poste jusqu’à la fin de leur mandat, malgré les crises que traverse l’Union, voire grâce à elles.

Si le Royaume-Uni avait voté pour rester dans l’UE, Jean-Claude Juncker aurait peut-être pris sa retraite, selon le sondage. Selon des rumeurs persistantes, bien que démenties, le président de la Commission aurait des problèmes de santé. Le Brexit a cependant intensifié le besoin d’une Europe dirigée par des personnalités stables et fortes. Presque 65 % des interrogés ont donc estimé que Jean-Claude Juncker restera président de la Commission jusqu’en 2019.

Un bras de fer aurait cependant débuté entre l’exécutif européen et les États membres. Il semblerait ainsi que la chancelière allemande, Angela Merkel, soutienne la République tchèque et les Pays-Bas, qui souhaitent le départ du président.

Un ministre allemand, qui s’est confié au Sunday Times sous couvert de l’anonymat, estime que « la pression qui pèse sur [Jean-Claude Juncker] pour qu’il démissionne ne fera que s’accentuer, et la chancelière Merkel finira bien par s’occuper de ce problème l’an prochain ».

Après le référendum britannique, le soutien du Parlement européen à l’exécutif s’est accru et 73 % des eurodéputés ont voté contre la demande de démission de Jean-Claude Juncker introduite par l’extrême droite.

Pourtant, sa popularité parmi les gouvernements s’est affaiblie. Lubomír Zaorálek, ministre tchèque des Affaires étrangères, s’est montré particulièrement tranchant, assurant que « Jean-Claude Juncker n’[était] pas la bonne personne pour le job ».

>> Lire : La pression monte sur la Commission Juncker

Lors de l’enquête de VoteWatch, 79 % des spécialistes estiment que le président du Conseil européen, Donald Tusk, sera quant à lui réélu. Ils soulignent cependant que ce dernier devra d’abord trouver un compromis avec le gouvernement conservateur de son pays d’origine, la Pologne.

Martin Schulz, président actuel du Parlement européen, devra de son côté trouver un accord avec le Parti populaire européen pour briguer un troisième mandat. Une condition qui pourrait l’empêcher d’être réélu à la tête de l’institution. Près de la moitié des personnes interrogées estiment même qu’il ne parviendra même pas à finir son deuxième mandat.

Par ailleurs, plus de 11 % des spécialistes pensent qu’il y aura un référendum sur l’Europe aux Pays-Bas.

Ils sont également 11 % à penser que le Royaume-Uni pourrait organiser un second référendum sur la question, bien que le gouvernement ait d’ores et déjà déclaré que c’était impossible.

Après le référendum du 23 juin, les dirigeants d’extrême droite français et néerlandais ont appelé à l’organisation d’un vote dans leurs pays. Une tendance indépendantiste inexistante dans les pays les plus touchés par la crise de la zone euro, comme la Grèce et l’Espagne.

« Geert Wilders, qui dirige le Parti pour la liberté, a assuré que les Pays-Bas méritent un ‘Nexit’ [Netherlands exit] et Marine Le Pen a déclaré que les Français avaient le droit de choisir », rappelle l’enquête. « Les forces majoritaires pro-UE vont devoir apporter une réponse forte et convaincante à cette question. »

La plupart des experts participant au sondage estiment que les Pays-Bas sont en passe de perdre une partie de leur influence au Conseil. Même constat pour le Danemark et la Suède, selon 40 % des répondants. Ces trois pays étaient les alliés les plus proches du Royaume-Uni au Conseil.

Les trois quarts des spécialistes interrogés prédisent que la France se retrouvera à la tête du Conseil après le Brexit. La France et l’Italie, qui « votent de la même manière dans 99 % des cas depuis que Matteo Renzi est Premier ministre », seront alors en mesure de faire passer des propositions plus « sociales » au Parlement.

>> Lire aussi : Après le Brexit, les États Unis d’Europe et la Ligue nordique?