EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

03/12/2016

Sylvie Goulard candidate à la présidence du Parlement européen

Politique

Sylvie Goulard candidate à la présidence du Parlement européen

Défilé de cravates à la tête du Parlement européen

L’eurodéputée du groupe ADLE va devoir convaincre son groupe de sa candidature face à celle de Guy Verhofstadt. Depuis 1979, le Parlement européen a été dirigé à 87 % par des hommes .

Toujours prompt à soutenir la cause des femmes, le Parlement européen est quasiment toujours présidé par un homme. En 37 ans, seulement deux femmes ont eu cet honneur, pour 12 hommes.

Et encore, il s’agissait de demi-mandats : Simone Veil et Nicole Fontaine ont présidé l’institution 5 ans sur 37.  Depuis qu’il existe, le Parlement européen a donc été présidé par un homme 87 % du temps. Ce modèle « faites ce que je dis mais pas ce que je fais » commence à irriter, alors que le départ de Martin Schulz ouvre la voie à une nouvelle candidature.

La centriste Sylvie Goulard a décidé de donner un coup de pied dans la fourmilière en se présentant, notamment pour défendre cette cause. Mais pas seulement.

« Avant de s’interroger sur des noms de candidat, il faut s’interroger sur le poste ! Comment on préside le Parlement européen après Trump, après Erdogan, après le Brexit ? » s’interroge l’élue qui veut se battre pour qu’ « une vraie discussion ait lieu ».

Dans sa déclaration de candidature, l’élue propose que le Parlement européen se donne pour mission de redonner envie d’Europe, et de se tourner plus vers les Européens que vers Bruxelles, en évitant la connivence avec la Commission. Une vocation de terrain donc, plus de représentation institutionnelle.

Sa candidature est toutefois une vraie course contre la montre, puisque le remplaçant de Schulz doit être trouvé pour début 2017, et que le parti centriste devrait se décider dès la semaine prochaine sur son candidat.

Une misogynie latente ?

Or au centre, les regards se sont immédiatement tournés vers Guy Verhofstadt, le chef du parti. Un reflex phallocrate ? « Mais non, c’est juste qu’il rêve de ca depuis 10 ans » assure une source au Parlement européen. De fait le candidat potentiel a raté de nombreuses occasions. De là à éviter tout débat sur celui ou celle qui portera la candidature de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe ?

Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a longuement et lourdement insisté pour avoir une commission parfaitement paritaire. Ce qui n’empêche pas l’exécutif européen d’avoir été systématiquement dirigé par un homme depuis sa création.

« Comment motiver les jeunes filles qui composent la majorité des diplômés si le plafond de verre écrase encore et toujours les femmes ? » se demande Sylvie Goulard, qui appelle à un choix en fonction du mérite pour le prochain candidat. Comme Martin Schulz, la candidate est polyglotte et intervient régulièrement dans les médias anglophones et germanophones, ou encore italiens.

Pour couronner le tout, la guerre de succession qui vient de s’ouvrir n’épargne pas les clichés. À droite, sur 7 candidats, une seule femme s’est présentée, l’irlandaise Mairead McGuinness. « Sa principale qualité est d’être une femme » estime un de ses copartisans, non sans misogynie. Le Français Alain Lamassoure est également candidat.

Un problème de transparence

Le manque de transparence de la campagne pour la tête du Parlement européen est aussi un sujet de mobilisation. Les principaux partis ont en effet l’habitude de faire des petits arrangements entre amis, avec l’aval de Berlin, Paris, et Bruxelles, sans que le commun des eurodéputés ne soit au courant.

« Comme pour toute élection, il est sain d’organiser un vrai débat sur ce que peut faire le Parlement européen. Compte tenu de la situation de l’Europe, il serait malvenu de l’éviter » souligne Jean Arthuis, eurodéputé du groupe ADLE également.

Un mystérieux accord aurait été écrit et signé par les têtes des principaux partis, soit Schulz, Verhofstadt et Weber, stipulant que Martin Schulz quitterait quoiqu’il arrive son poste à mi-mandat. La droite n’a pas manqué de rappeler ce document ces dernières semaines, ce qui a définitivement joué dans la décision de Martin Schulz de quitter l’institution.  Mais l’existence d’un tel accord se fait en dehors de tout contrôle démocratique.

Sylvie Goulard : on ne peut pas avoir une Commission de "vieux messieurs blancs !"

Sylvie Goulard est député européenne, membre du groupe centriste de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe.

EurActiv.fr

Si une candidature du centre est envisageable, ce ne sera pas sans tractation et autres alliances voire concession : le parti ne dispose que de 70 élus, et devra donc s’assurer du soutien d’eurodéputés, a priori de droite, avant d’affronter un vote en plénière. Un débat qui risque de fragiliser la soi disant « grande coalition » déjà fragilisée par de nombreux désaccords depuis sa formation il y a 2,5 ans.

 

Plus d'information