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24/01/2017

Syriza et ses frondeurs s’écharpent avant le scrutin en Grèce

Politique

Syriza et ses frondeurs s’écharpent avant le scrutin en Grèce

Zoé Kostantopoulou, la plus jeune présidente du parlement grec

[Reuters]

La Gauche radicale grecque Syriza et ses frondeurs, en complet désaccord avec le premier ministre Alexis Tsipras, se sont livrés à de virulents échanges alors que la Grèce est entrée vendredi dans une nouvelle période d’instabilité politique et que des élections anticipées sont prévues en septembre.

Le gouvernement Syriza allié au petit parti de droite Anel a accusé dans un communiqué la présidente de la Vouli et désormais opposante virulente de M. Tsipras, Zoé Konstantopoulou d’« agir comme une dictatrice ».

Cette responsable politique au caractère bien trempé, « frondeuse » de Syriza, avait estimé un peu plus tôt que la procédure électorale qui doit mener au scrutin législatif anticipé sans doute le 20 septembre était « non-démocratique et anticonstitutionnelle ».

Alexis Tsipras, 41 ans, a démissionné jeudi soir de ses fonctions pour espérer raffermir sa base, mise à mal par la nouvelle cure d’austérité imposée aux Grecs en échange d’une nouvelle aide financière internationale vitale pour son économie de 86 milliards d’euros sur trois ans.

Vingt-cinq dissidents de Syriza ont consommé leur rupture avec le parti de Tsipras en lançant vendredi un nouveau groupe parlementaire, « Unité populaire ».

>>Lire: Les frondeurs de Syriza créent un parti indépendant

L’ancien ministre des Finances de M. Tsipras, Yanis Varoufakis, actuellement en visite en France, a annoncé dans la presse française qu’il ne serait « pas candidat au nom de Syriza », un parti dont il n’est pas membre de toute façon, même s’il avait été élu sous cette étiquette le 25 janvier.

« Syriza est en train d’adopter la doctrine irrationnelle à laquelle je me suis opposé depuis cinq ans : étendre encore la crise et prétendre qu’elle est résolue, tout en maintenant une dette impayable », s’est-il justifié au Journal du dimanche.

>>Lire: A Frangy-en-Grèce, Varoufakis s’alarme du déficit démocratique de l’UE

« J’ai été viré [du gouvernement Tsipras, ndlr] parce que je m’y opposais », a poursuivi l’ancien ministre qui avait quitté ses fonctions début juillet en raison de son opposition aux négociations d’un nouveau prêt entre la Grèce et ses créanciers internationaux. « Maintenant qu’il a accepté la logique que je rejette, je ne peux plus être candidat. »

Zoé Konstantopoulou, qui s’est opposée de toutes ses forces au troisième plan d’aide à la Grèce conclu à la mi-juillet, pourrait rejoindre les rangs de ce nouveau groupe.

Pour elle, le président de la République, Prokopis Pavlopoulos, a violé une règle de la Constitution après la démission du premier Ministre, en ne l’informant pas en temps de ses projets, ce dont il s’est défendu.

Selon la Constitution, la démission du premier ministre entraîne automatiquement la procédure des « mandats exploratoires » : les trois premiers partis du Parlement, sur la base du nombre de députés, sont appelés par le président, l’un après l’autre, à tenter de former un gouvernement de coalition dans un délai de trois jours.

>> Lire : La Commission soutient Tsipras dans sa tentative de conforter sa majorité

À l’issue de cela, le président de la République devrait nommer un gouvernement chargé d’expédier les affaires courantes, le 28 août, et fixer la date des élections législatives.

La présidente de la Vouli s’était fait particulièrement remarquer le 14 août lors du vote par les députés des modalités du nouveau plan d’aide, en utilisant toutes les pistes légales pour retarder ce vote. Les parlementaires grecs avaient ainsi effectué une séance-marathon durant toute la nuit avant de finalement donner leur feu vert le lendemain matin.