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24/07/2016

Tsipras et la gauche européenne attendus à l’Elysée

Politique

Tsipras et la gauche européenne attendus à l’Elysée

Alexis Tsipras

[GUE/NGL/Flickr]

La gauche européenne se retrouve samedi 12 mars à Paris, autour de François Hollande, pour un rassemblement préparé de longue date.

« Cela montre que François Hollande est moteur sur les questions sociales en Europe » assure-t-on au parti socialiste.

La venue d’Alexis Tsipras au sein de cette réunion qui s’affiche comme celle des sociaux-démocrates représente une manœuvre politique intéressante, alors que le président François Hollande ne cesse de donner des gages à la droite.

Entre l’état d’urgence permanent depuis le 13 novembre dernier, la modification constitutionnelle en cours qui devrait aboutir à la mise en place d’une déchéance de nationalité et le projet de loi sur le travail, la cote de popularité du président n’est pas au mieux au sein de la gauche, y compris au Parti socialiste français.

Selon une tribune publiée par le président du parti socaliste européen, le bulgare Sergei Stanishev, « les populismes ne proposent pas de solutions. Notre famille social-démocrate en revanche, propose des solutions concrètes pour construire l’Europe pour le bénéfice des européens. Contrairement aux autres familles politiques, nous avons un objectif européen commun, nous avons développé un programme pour la croissance et nous le tenons ».

Un programme dont l’efficacité peut toutefois être remis en question : la croissance est tout juste positive dans la zone euro, le chômage reste à un niveau historiquement élevé, soit 11 % dans la zone euro, et 9 % dans l’Europe à 28. Enfin la Banque centrale européenne peine à réinjecter des liquidités dans l’économie, malgré des taux négatifs.

>>Lire : Mario Draghi peut il encore convaincre de l’efficacité de ses politiques

La question du budget européen sera également sur la table. L’idée, soutenue par François Hollande, doit permettre aux économies les plus fragiles de mieux résister en cas de crise, et surtout instiller de la solidarité dans le fonctionnement des économies européennes.

>>Lire :  Le budget de la zone euro, une bonne idée qui stagne

La présence de Jeremy Corbin devrait aussi, inévitablement, mettre la question du Brexit sous les feux des projecteurs. Le socalistes britannique, à la tête du parti travailliste anglais depuis l’été dernier, est connu pour ses positions peu europhiles, puisqu’il a dans le passé soutenu le Brexit, ce qui n’est plus le cas actuellement.

Contexte

Jusqu’alors, les pré-conseils rassemblaient socialistes, démocrates, et la SPD de Martin Schulz et Sigmar Gabriel. L’arrivée du parti souvent classé du côté de la gauche radicale sur l’échiquier peut donc surprendre.

« Tsipras, c’est Mélenchon », assurait il y a un an un ministre du gouvernement de Manuel Valls. Mais les choses ont bien changé. La France a tissé une relation spéciale avec le dirigeant grec, notamment l’été dernier durant les tentatives de résolution de la crise grecque.

Un épisode, notamment, a soudé les deux parties. Le président français est en effet parvenu à renouer le contact au petit matin du week-end du 14 juillet avec le Premier ministre grec qui était prêt à lâcher l’affaire. Depuis, les relations sont plus sereines.

Le Premier ministre grec a également accordé ses violons avec Gianni Pitella, numéro un des socialistes au Parlement européen.

>>Le roadshow d’Alexei Tsipras peine à faire bouger Paris et Berlin