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04/12/2016

Paul Nuttall prend les rênes de l’UKIP

Politique

Paul Nuttall prend les rênes de l’UKIP

Paul Nuttall

[BBC/Twitter]

Le parti eurosceptique britannique a élu son troisième dirigeant depuis le référendum du Brexit. Pas sûr que cela suffise à freiner sa chute.

Paul Nuttall, eurodéputé originaire de Liverpool, a promis d’unir le parti pour l’indépendance britannique, secoué par des querelles entre élus européens, mais aussi par une crise existentielle plus profonde après la victoire du Brexit, raison d’être du parti, au référendum.

Le chef de file du parti, Nigel Farage, a démissionné au lendemain du vote, mais a dû reprendre sa place de manière temporaire après que sa successeure, Diane James, a quitté son poste après tout juste 18 jours. Cette dernière n’avait été élue que parce que le candidat pressenti, Steven Woolfe, avait rendu sa candidature en retard.

Après la démission de Diane James, il s’était à nouveau retrouvé candidat favori pour reprendre les rênes. Une ambition réduite à néant après une altercation violente avec un autre eurodéputé UKIP au Parlement européen à Strasbourg.

>> Lire : Un eurodéputé UKIP hospitalisé après une rixe au Parlement européen

Steven Woolfe a donc décidé de jeter l’éponge et de quitter le parti le mois dernier. Il pourrait à présent rejoindre les rangs des conservateurs.

Dans la foulée, UKIP a été accusé d’avoir utilisé des fonds européens pour financer la campagne du Brexit, enfreignant ainsi les règles européennes de financements des partis. La commission électorale britannique a également annoncé son intention d’enquêter sur de possibles infractions aux règles nationales.

Nouveau chef de file…

Paul Nuttall, 39 ans, est un ancien enseignant d’Histoire. Ce fan du Liverpool FC, qui a également vécu à Barcelone, était au stade d’Hillsborough lors de la catastrophe de 1989, dans laquelle 96 fans ont laissé la vie. Il est considéré comme moins « toxique » que d’autres personnalités du parti, comme l’ancien leader Nigel Farage.

Sous Nigel Farage, le parti a toujours reçu plus d’attention médiatique que ce que ses résultats justifient. Le parti espère aujourd’hui que Paul Nuttall, habitué des médias, saura en faire de même et capitalisera sur le soutien important au Brexit dans sa région du nord de l’Angleterre.

… pour un parti en manque d’inspiration

Il semblerait cependant que le parti ait perdu des plumes ces derniers mois et ne compte plus que 30 000 membres. UKIP n’a plus qu’un représentant au parlement britannique, un transfuge conservateur, et 24 au Parlement européen. À la sortie du pays de l’UE, ses 24 élus européens perdront par ailleurs leur poste et devront être recyclés. Avec l’activation de l’article 50 début 2017 et l’improbabilité d’un recours au Brexit, UKIP pourrait bien avoir perdu sa raison d’être.

Après sa nomination, Paul Nuttall a publié une série de tweets dans lesquels il promet de mettre le gouvernement face à ses responsabilités en termes de Brexit. Dans son discours de démission, Nigel Farage a promis qu’il n’en resterait pas moins un membre à part entière du parti et qu’il resterait à son poste d’eurodéputé jusqu’à la fin de son mandat, en 2020, et continuerait de faire campagne pour la sortie de l’UE.

Le projet européen est à présent « fatalement meurtri », a assuré celui qui prévoit des mouvements eurosceptiques importants en Autriche, en France, en Italie et aux Pays-Bas dans les mois à venir.

« Il ne fait aucun doute que UKIP est considéré comme le groupe eurosceptique en tête dans tout le continent », a-t-il déclaré lors d’une conférence à Londres lors de sa succession.

Libéré de ses obligations britanniques, Nigel Farage a passé du temps aux États-Unis, où il a soutenu la candidature présidentielle de Donald Trump, à qui il a rendu visite juste après son élection. Le futur président américain a quant à lui suggéré que Nigel Farage devienne ambassadeur du Royaume-Uni à Washington. Une proposition dont s’est réjoui l’eurodéputé, qui a troqué pour l’occasion sa bière habituelle pour du champagne.

Dans un discours posté sur YouTube, il s’est félicité que 2016 ait été « l’année de la grande révolution politique ». « Quand les gens y repenseront dans 100 ans, 200 ans, 2016 sera considérée comme l’une de ces grandes années historiques », a-t-il assuré.

>> Lire : Nigel Farage: «L’UE va plus souffrir du Brexit que le Royaume-Uni»

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