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11/12/2016

Un élu FN convié par la chambre de commerce à Moscou

Politique

Un élu FN convié par la chambre de commerce à Moscou

L'invitation de Bernard Monot à la Chambre de Commerce de Moscou

La chambre de commerce et d’industrie France-Russie brise un tabou en sollicitant l’intervention d’un élu Front national.

Le député européen Front national Bernard Monot a été invité pour intervenir,  mercredi 23 mars à la Chambre de commerce et d’Industrie France-Russie à Moscou, sur le sujet du patriotisme économique. Une invitation inhabituelle, « qui a été sollicitée par des chefs d’entreprises, surtout russes » précise l’élu FN , qui entend expliquer son modèle micro et macro économique de « patriotisme économique, qui s’oppose à la mondialisation et au libéralisme ». L’eurodéputé a aussi l’intention d’évoquer des sujets géopolitiques devant un parterre qui devrait surtout être composé de chefs de PME selon lui.

L’élu était déjà intervenu sur ce sujet à Cracovie, en Pologne, en février dernier, lors d’une réunion du groupe Europe des nations et des libertés. Le rassemblement avait toutefois lieu non pas  à la chambre de commerce, mais dans une ancienne mine de sel réhabilitée.

Invité du mois sur le patriotisme économique

Interrogé par EurActiv, la chambre de commerce précise que le sujet est le choix de l’élu.«Par contre, il ne peut s’agir de débats politiques. Et nous recevons de manière générale tous les députés européens qui le demandent» précise Nicolas Ducret, directeur général adjoint de la structure.

Sur Facebook, l’administrateur, Gilles Chenesseau a expliqué que son organisation « s’est donné pour règle d’accueillir les élus qui le demandent quel que soit leur bord politique. On a donc eu des élus de gauche, de droite et maintenant donc d’extrême droite… Mais ce sont des gens démocratiquement élus et que notre République ne met pas à son ban ».

Bernard Monot a été invité au titre d’ « invité du mois », un en-tête également attribué en décembre dernier au directeur de l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques, Pascal Boniface ou au vice-président de la banque centrale de Russie, Vassily Pozdiychev.

En France, il a aussi développé le sujet à la fédération FN de Marseille. Les organisations privées ou publiques ont en revanche peu recours aux services des 24 élus d’extrême-droite, qui représentent la première force politique du Parlement européen.

Débuts tendus pour la délégation FN d’eurodéputés

La délégation du Front national au Parlement européen sera la première délégation française avec 24 eurodéputés. Son intégration aux institutions européennes s’annonce délicate.

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Les lobbyistes  se contentent souvent de leur envoyer leur position pour information, sans développer des relations plus poussées.

A Paris, comme à Bruxelles et Strasbourg,  les eurodéputés FN ont organisé plusieurs conférences de presse au Parlement européen, qui est tenu de les accueillir en ses locaux. En revanche, les services du Parlement ne communiquent pas sur ces évènements et « n’invitent » personne.  Les élus FN n’utilisent pas non plus les bureaux du Parlement européen à Paris, auxquels ils ont théoriquement accès.

Un cordon sanitaire anti-FN se forme au Parlement européen

Demandé par une élue FN, le rejet d’un pesticide dangereux pour les abeilles a été refusé par le Parlement européen. Les deux principaux groupes politiques travaillent à des lignes de conduite destinées éviter que leurs élus ne votent des amendements FN.

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Contexte

Les élections européennes qui se sont déroulées le 25 mai en France ont été marquées par l'arrivée de 24 eurodéputés Front national, alors que le parti d'extrême-droite en avait 3 lors de la précédente législature. Avec 20 % des voix l'UMP aura 20 sièges, contre 13 pour le parti socialiste dont la délégation ne change pas de format. Les Verts passent de 16 à 6 élus, et les centristes à 7. Du côté de la gauche radicale, seulement 4 eurodéputés siégeront au Parlement de Strasbourg.