Un eurodéputé poursuivi pour espionnage en Hongrie

Béla Kovács est accusé d'espionnage. [Parlement européen]

L’eurodéputé hongrois Béla Kovács, membre du parti d’extrême droite Jobbik, a été mis en examen pour espionnage par le parquet hongrois qui le soupçonne d’avoir agi au profit de la Russie.

Béla Kovács, eurodéputé non-inscrit de 57 ans, est poursuivi pour « participation à des activités d’espionnage au profit d’un État étranger », a indiqué le parquet hongrois dans un communiqué, le 6 décembre. Il encourt pour espionnage une peine de prison de deux à huit ans.

Il est visé par une enquête, ouverte à Budapest, portant sur de l’espionnage « contre les institutions européennes », de la fraude fiscale et de la falsification de documents ayant entraîné un important préjudice financier.

La justice n’a pas mentionné l’État au service duquel l’eurodéputé est soupçonné d’avoir agi, mais la presse hongroise a fait état de nombreux voyages de Béla Kovács à Moscou, où il aurait rencontré secrètement des diplomates russes.

L’eurodéputé nie ces allégations qui avaient été publiées par un journal progouvernemental en 2014 peu avant les élections européennes où il a décroché un siège d’eurodéputé, avant de voir son immunité levée par le Parlement de Strasbourg en octobre 2015.

Béla Kovács a indiqué mercredi quitter le Jobbik pour ne pas porter préjudice à cette formation devenue le deuxième parti du pays et la principale opposition à la majorité gouvernementale conduite par les conservateurs du Fidesz.

Le mis en cause a ajouté avoir le sentiment d’être « utilisé » pour discréditer le Jobbik, à travers cette mise en examen « délibérément planifiée pour la campagne électorale », selon lui.

Le Premier ministre Viktor Orbán est favori des sondages pour emporter un troisième mandat d’affilée lors des prochaines législatives qui devraient se tenir en avril. En matière de politique étrangère, il affiche volontiers sa proximité avec le président russe, Vladimir Poutine, qu’il a reçu à Budapest en 2015 et 2017.

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Un porte-parole du Fidesz a estimé mercredi que l’enquête en cours était « une sérieuse affaire au niveau européen ».

Dans un dossier distinct, la Cour des comptes hongroise (ASZ) a estimé jeudi que le Jobbik avait reçu plus d’un million d’euros de financements « interdits » pour une campagne d’affichage anti-Orban menée cette année. Une enquête pénale a également été ouverte par le parquet.

L’annonce de la Cour des comptes pourrait obliger le Jobbik à rembourser la somme incriminée et pourrait conduire à une amputation du financement public versé à ce parti.

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