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26/09/2016

Les pays de Visegrád réclament une refonte de l’UE après le Brexit

Politique

Les pays de Visegrád réclament une refonte de l’UE après le Brexit

Bohulav Sobotka

Le sommet européen s’est poursuivi le 29 juin sans le Premier ministre britannique. La Pologne, la République tchèque, la Hongrie et la Slovaquie comptent demander une réforme complète de l’UE et de ses institutions.

Le groupe de Visegrád compte demander aux 27 de se pencher sur l’amélioration de la cohésion dans le bloc après le référendum britannique.

Avant le début du sommet, les quatre membres du groupe de Visegrád ont adopté une déclaration commune appelant à la création d’une « réelle union de la confiance ».

« Les vraies inquiétudes de nos citoyens doivent être mieux représentées. Les parlements nationaux doivent être entendus. Les institutions de l’Union européenne doivent se limiter à leurs missions et leurs mandats. La confiance doit également être encouragée entre les États membres, en commençant par la suppression des fractures artificielles et inutiles qui ont émergé ces derniers mois », estiment les quatre Premier ministres.

Bohuslav Sobotka, Premier ministre tchèque, aux commandes de la présidence tournante du groupe, a néanmoins souligné que le groupe ne ferait pas pression pour la démission de Jean-Claude Juncker.

Les ministres des Affaires étrangères tchèque et polonais, avaient pourtant réclamé que le président de la Commission quitte son poste, arguant que les institutions devaient prendre leurs responsabilités quant au vote britannique.

>> Lire : La pression monte sur la Commission Juncker

Bohuslav Sobotka a pour sa part souligné qu’il serait mal avisé de se lancer dans des croisades personnelles en ce moment.

« Je serais heureux de voir la Commission européenne participer davantage à l’obtention d’un compromis pour l’UE et essayer davantage de résoudre les désaccords possibles entre États membres », a-t-il précisé. « Je voudrais aussi que la Commission ait plus de respect pour les décisions du Conseil. »

Le dirigeant tchèque fait ici référence à la crise des réfugiés, durant laquelle certains États membres ont pris des décisions communes, sans que cela empêche la Commission de continuer à insister sur les quotas obligatoires de réfugiés. Le remplacement d’une personne ne résoudra cependant pas les problèmes de l’UE, souligne-t-il, à propos de Jean-Claude Juncker.

Le groupe de Visegrád estime que les négociations du Brexit devraient être menées par le Conseil et Donald Tusk plutôt que par la Commission. D’une manière plus générale, l’exécutif et son président sont pressentis pour cette tâche.

Un message clair d’ici l’automne

« Nous devons changer le fonctionnement de l’Europe telle qu’elle existe et nous débarrasser de la paperasserie. J’aimerais que nous envoyions un message clair au début de l’automne, au plus tard, sur la manière dont nous voudrions améliorer l’Europe », a assuré Bohuslav Sobotka.

En ce qui concerne le Brexit, le groupe de Visegrád insistera sur les intérêts de leurs citoyens travaillant et entreprises opérant au Royaume-Uni.

« Les citoyens et entreprises européens ne peuvent pas voir leur situation se dégrader par rapport à celles des citoyens et entreprises britanniques. L’arrangement entre l’UE et le Royaume-Uni doit être fondé sur la réciprocité et la justice », lit-on dans la déclaration commune.

Avant le référendum, David Cameron avait renégocié les conditions de l’adhésion du pays, dans l’espoir de convaincre ses compatriotes de voter pour l’UE. Il avait déjà obtenu un mécanisme de « frein d’urgence », qui aurait permis la restriction des aides sociales versées aux migrants européens. Depuis l’élargissement de l’UE, 800 000 Polonais et des centaines de milliers de Tchèques, Slovaques et Hongrois ont émigré vers la Grande-Bretagne.

Selon Bohuslav Sobotka, l’accord obtenu par David Cameron n’a pas influencé l’issue du référendum. « Malheureusement, l’opposition aux travailleurs d’Europe de l’est est devenue une partie non négligeable du débat. J’imagine que cela indique l’état actuel de la société britannique », a commenté le Premier ministre tchèque.

L’augmentation des agressions xénophobes au Royaume-Uni inquiètent de plus en plus les pays d’Europe de l’est. La police britannique enquête actuellement sur des actes de vandalisme dans un centre culturel polonais de Londres et un incident dans le Cambridgeshire, dont les habitants ont reçu des tracts traitant les résidents polonais de « vermine » et les encourageant à quitter le pays.

Le groupe de Visegrád estimait que le Royaume-Uni devrait rester dans l’UE et que l’influence de Londres faciliterait la résolution des nombreux problèmes auxquels est confrontée l’Union.

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