EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

25/09/2016

Courte victoire de la gauche suédoise aux législatives

Priorités UE 2020

Courte victoire de la gauche suédoise aux législatives

Swedish elections posters. Malmo?, September 2014. [News Øresund/Flickr]

Le centre-gauche a remporté une courte victoire aux élections législatives suédoises, marquées par une poussée de l’extrême droite. 

L’opposition de centre-gauche a remporté une courte victoire aux élections législatives de dimanche en Suède, après huit années de gouvernement de centre-droit, mais elle n’a pas obtenu la majorité absolue.

Le Parti social-démocrate et ses alliés écologistes et du Parti de gauche ont recueilli 43,7 % des voix, soit 160 sièges, contre 39,1 % (142 sièges) à la coalition du premier ministre sortant, Fredrick Reinfeldt.

La surprise est venue des Démocrates suédois, un parti d’extrême droite anti-immigration, qui a obtenu un résultat bien meilleur qu’attendu, avec 13 % (47 sièges).

Il a plus que doublé son score par rapport au précédent scrutin, il y a quatre ans, mais aucun autre parti ne veut composer avec lui.

Fredrick Reinfeldt, qui avait exclu à l’avance toute alliance avec l’extrême droite, a d’ailleurs concédé sa défaite dimanche soir, et annoncé qu’il remettrait lundi 15 septembre la démission de son gouvernement.

« Le centre-gauche a davantage de sièges que l’Alliance (de centre-droit) », a déclaré le premier ministre à ses partisans. « Demain, je remettrai donc ma démission et celle de mon gouvernement. »

Le chef du Parti social-démocrate, Stefan Lofven, qui a promis de consacrer 40 milliards de couronnes (4,3 milliards d’euros) à la création d’emplois, à l’éducation et aux dépenses sociales, devrait être appelé à former le prochain gouvernement.

Mais sa marge de manœuvre s’annonce extrêmement réduite, puisque la coalition entre son parti, les écologistes et le Parti de gauche n’atteint pas la majorité absolue de 175 sièges, ce qui préfigure d’un gouvernement minoritaire qui aura du mal à imposer son agenda législatif.

Avec 3,2 % des suffrages, le parti de l’Initiative féministe, qui avait indiqué qu’il soutiendrait un gouvernement de centre-gauche, n’atteint pas la barre de 4 %, le seuil requis pour avoir des élus au Parlement.

Il avait créé la surprise aux élections européennes de mai dernier en remportant plus de 5 %.

Incertitudes

« C’est une situation difficile pour la Suède », a commenté le ministre des Finances sortant, Anders Borg. « On va passer d’un des gouvernements les plus solides d’Europe à un gouvernement aux pouvoirs limités avec de grosses incertitudes sur sa politique économique. »

Les enquêtes d’opinion réalisées avant le scrutin témoignaient d’une lassitude de l’électorat après les huit années de gouvernement Reinfeldt, qui a mis fin en 2006 au règne quasi ininterrompu des sociaux-démocrates depuis les années 1930.

Au cours de ses deux mandats, les impôts ont été réduits de 14 milliards d’euros environ, faisant passer les prélèvements obligatoires de 49 à 45 % du PIB, mais l’Etat providence s’est affaibli, le chômage a progressé à 8 %, frappant particulièrement les jeunes et les immigrés, l’enseignement a souffert et une partie de l’électorat apprécie peu l’implication croissante du secteur privé dans le domaine de la santé.

Les partis de gauche, qui ont avancé en ordre dispersé, ne semblent pourtant pas avoir pleinement exploité les faiblesses du gouvernement sortant.

L’extrême droite, qui réclame une réduction de 90 % du nombre de demandeurs d’asile admis en Suède, a en revanche capitalisé sur la grogne populaire en obtenant un nombre record de sièges au Parlement.

Le chef des Démocrates suédois, Jimme Akesson, s’est réjoui de ce résultat, qui traduit le rejet par une partie de la société de la Suède comme « superpuissance humanitaire », selon l’expression de Fredrick Reinfeldt, et qui place surtout son parti au centre de l’échiquier politique.

« Il n’est plus possible de nous ignorer pour diriger le pays », a-t-il déclaré à ses partisans en liesse. « Nous sommes désormais en position de jouer les arbitres. »

Formation d’un gouvernement

Le chef des sociaux-démocrates suédois, Stefan Löfven, s’est dit prêt dimanche à entamer le processus de formation d’un nouveau gouvernement.

« Nous sommes dans une grave situation », a-t-il dit à ses partisans. « Nous avons des milliers de personnes sans emploi. Nous avons des résultats dans l’éducation qui diminuent plus que dans n’importe quel autre pays de l’OCDE. »

« La Suède a aujourd’hui répondu qu’elle voulait un changement. Il nous faut un nouveau cap. »