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28/07/2016

Juncker défend l’architecture “politisée” de la nouvelle Commission

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Juncker défend l’architecture “politisée” de la nouvelle Commission

La Commission Juncker première formule peu avant les auditions devant le Parlement européen. [European Commission]

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a défendu bec et ongle la nouvelle organisation de la Commission, qui « politise » le nouvel exécutif européen ; une demande des eurodéputés, a-t-il rappelé. 

Critiqué et attendu par les eurodéputés, le changement d’organisation de la nouvelle Commission européenne a été défendu et expliqué par son président Jean-Claude Juncker.

Dans une dernière prise de parole face à l’hémicycle avant le vote d’investiture du collège des commissaires, le président Juncker a rappelé avoir délégué un certain nombre de ses prérogatives pour donner un coup d’accélérateur politique au nouvel exécutif.

« Je ne demande pas aux Commissaires européens une obéissance aveugle : à mon âge on ne commence pas une carrière de dictateur » a entamé le président de la Commission, lors de son discours à Strasbourg, rappelant qu’il faudrait respecter « les prises de position politique » des commissaires.

Égalité des droits des commissaires

Dans les grands changements apportés, Jean-Claude Juncker a insisté sur le rôle de son premier vice-président, le Néerlandais Frans Timmermans. « J’ai lu dans plusieurs journaux qu’il serait ma main droite, j’espère que de temps à autre il sera aussi ma main gauche », a-t-il déclaré un brin narquois.

>> Lire : Juncker nomme son premier vice-président gardien de la subsidiarité

Malgré cette hiérarchisation assumée des membres du collège, Jean-Claude Juncker a rappelé le principe d’égalité entre commissaires. « Les commissaires sont égaux en droit. Les vice-présidents seront des coordinateurs, des animateurs » a-t-il souligné, reconnaissant avoir noté « beaucoup de doutes lors des auditions sur ces ‘animaux inconnus que sont les vice-présidences’». « Si vous vouliez une Commission comme elle fut avant, il fallait me le dire ! » s’est-il exclamé.

« Le grand perdant de cette nouvelle architecture c’est moi : pour la simple raison que j’ai délégué une bonne partie de mes prérogatives présidentielles aux vice-présidents » a-t-il rappelé.

Concrètement, Jean-Claude Juncker ne pourra pas mettre un point à l’ordre du jour du collège sans l’aval de la vice-présidente en charge du dossier.

Mais cette répartition du pouvoir ne se fait pas sans garde-fous. « Celui qui délègue ses prérogatives peut aussi les reprendre », a-t-il averti.

La question économique inquiète toujours

Jean-Claude Juncker a insisté sur l’organisation entre les commissaires et vice-présidents en charge des dossiers économique et social, principale source d’inquiétudes des eurodéputés.

« Il y a un vice-président à l’euro et au dialogue social, un commissaire en charge des affaires économiques et un aux affaires sociales : il est évidement que le vice-président doit coordonner les initiatives des deux commissaires, car le semestre européen n’est pas seulement économique » a détaillé Jean-Claude Juncker.

>> Lire : Jean-Claude Juncker affine le casting de la nouvelle Commission

Ces précisions ont été plutôt bien accueillies par les eurodéputés.

« Je veux que vous interveniez immédiatement en cas de blocage entre ces commissaires », a toutefois prévenu Guy Verhofstadt, président du groupe des libéraux de l’ALDE, insistant sur le fait qu’il n’était pas possible « d’attendre pour avancer ».

Du côté des conservateurs et réformistes, cette nouvelle structure a également été saluée, malgré le fait que le groupe, fondamentalement eurosceptique, a annoncé son intention de s’abstenir lors du vote d’investiture.

« Nous aimerions être positifs : nous aimons la structure de la commission, tournée vers les résultats, nous sommes impressionnés par certaines nominations comme celle de Timmermans », a détaillé Syed Kamall, président du groupe ECR. 

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