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17/01/2017

Juncker : les Anglo-Saxons feront tout pour faire éclater la zone euro en cas de Grexit

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Juncker : les Anglo-Saxons feront tout pour faire éclater la zone euro en cas de Grexit

Jean-Claude Juncker à l'Université catholique de Louvain [Commission européenne]

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker craint qu’un Grexit ne pousse le « monde anglo-saxon » à faire tout ce qui est en son pouvoir pour mettre à mal la zone euro.

La sortie de la Grèce de la zone euro n’est pas une option, car elle représenterait une menace existentielle pour les 19 membres du l’Union économique et monétaire, a déclaré Jean-Claude Juncker, à l’occasion du lancement du fonds Wilfred Martens qui a eu lieu le 4 février à l’université catholique de Louvain, en Belgique.

« Le monde veut savoir quelle voie nous empruntons. Nous devrions nous assurer que tout le monde comprenne que l’Union économique et monétaire est irréversible, que l’euro est une monnaie pérenne, qui ne sera pas abolie ou suspendue. » a déclaré le président de la Commission, qui a choisi de prononcer son discours en français dans cette université flamande.

Jean-Claude Juncker a ajouté qu’il venait de discuter de cela avec l’ancien premier ministre grec, Antonis Samaras, également présent à cet évènement.

« Un Grexit n’est pas une option. Si la Grèce l’acceptait, et si les autres membres acceptaient que le pays quitte une zone de sécurité et de prospérité établie par la zone euro, nous serions exposés à un grand danger, car le monde anglo-saxon ferait tout ce qui est en son pouvoir pour fragmenter, petit à petit, la zone euro », s’est-il inquiété.

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Plus tard, lors d’une séance de questions-réponses, le président de la Commission est revenu sur le sujet. « Il faut savoir que la Grèce s’est mal comportée par le passé, que le gouvernement de Mr Samaras a bien réagi, mais qu’il a pourtant été contesté. Ceux qui l’ont critiqué ont remporté les élections et maintenant ils sont confrontés, et nous sommes confrontés, à leurs promesses d’élections », a-t-il déclaré, faisant référence au gouvernement de gauche d’Alexis Tsipras, qu’il n’a pourtant pas nommé.

« Je ne m’inquiète pas pour le gouvernement grec. Je m’inquiète pour le peuple grec. Nous n’avons pas le droit de parler du peuple grec comme s’il était la partie négligée de l’Europe. Le peuple grec a une grande dignité, la Grèce est une grande nation, même si l’État est parfois faible, et nous devons nous montrer solidaires avec les Grecs. Le gouvernement grec [actuel] doit savoir que la zone euro, ce sont 19 démocraties, pas une seule, pas seulement la démocratie grecque », a-t-il rappelé.

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Une des questions a porté sur le Royaume-Uni et la volonté du gouvernement britannique de renégocier son statut dans l’UE. « Je veux un accord équitable avec le Royaume-Uni, mais la Grande-Bretagne n’est pas dans une position où elle peut imposer son programme exclusif à tous les autres États membres de l’UE », a affirmé Jean-Claude Juncker.

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« Je suis un fervent défenseur de la liberté de circulation des travailleurs », a-t-il continué, faisait référence à la rhétorique britannique contre les travailleurs venus des pays d’Europe centrale et orientale.

« C’est un principe fondamental de l’UE, énoncé dans le Traité de Rome. Les Britanniques sont donc cordialement invités à présenter une liste de leurs exigences, nous les examinerons, avec une attention amicale, puis nous aviserons. Je ne veux pas que la Grande-Bretagne quitte l’UE, mais je ne veux pas non plus que l’UE soit commandée par les Britanniques », a-t-il ajouté.