La Commission propose de durcir l’encadrement du lobbying

Le registre de transparence de l'UE permet de recenser les lobbyistes des grandes entreprises.

La Commission européenne a proposé le 28 septembre de durcir les règles encadrant le lobbying et de restreindre aux lobbyistes enregistrés l’accès aux responsables européens, parlementaires et diplomates.

Cette proposition, qui devra être soumise au Parlement européen et au Conseil européen, était à l’étude avant l’annonce de l’embauche de l’ancien président de la Commission, José Manuel Barroso, par Goldman Sachs et les révélations concernant l’ancienne commissaire Neelie Kroes.

Neelie Kroes, qui fut commissaire à la Concurrence de 2004 à 2009 puis vice-présidente de la Commission et commissaire à la Société numérique de 2009 à 2014, a reconnu qu’elle aurait dû déclarer son activité aux Bahamas, révélée la semaine dernière par le Consortium international des journalistes d’investigation.

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La Commission européenne cherche à obtenir davantage de clarifications de la part de Neelie Kroes en plus des explications déjà fournies et n’exclut pas des sanctions si les faits qui lui sont reprochés sont confirmés, a déclaré un porte-parole de l’exécutif européen.

Scandale Goldman Sachs

Ces révélations s’ajoutent au tollé suscité par l’arrivée de José Manuel Barroso, ancien président de la Commission européenne, chez Goldman Sachs, banque mise en cause pour son rôle dans le la crise financière de 2008 puis dans la crise de la dette publique grecque qui a suivi.

La Commission s’efforce de regagner en crédibilité auprès de l’opinion publique européenne après le camouflet qu’elle a essuyé avec la victoire des partisans du Brexit en Grande-Bretagne.

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« Nous devons être plus transparents dans ce que nous faisons », a déclaré vice-président de la Commission, Frans Timmermans. « Les citoyens ont le droit de savoir qui essaye d’influencer la prise de décision en Europe. Nous proposons une règle simple: aucune rencontre avec ceux qui prennent des décisions sans enregistrement préalable ».

Registre de transparence

« Avec le registre (de transparence), le public saura qui fait du lobbying, qui ils représentent et combien ils dépensent. »

Une dizaine de milliers de personnes sont déjà inscrites dans ce registre, un chiffre qui a considérablement augmenté sous la présidence de Jean-Claude Juncker.

Pour Daniel Freund, de l’ONG Transparency International, le projet de la Commission est insuffisant. « Après les scandales Kroes et Barroso, la Commission avait l’opportunité de montrer sa volonté d’aller vers davantage de transparence et plus d’éthique », a-t-il souligné. « Au lieu de ça, ils proposent des modifications timides, cosmétiques », a-t-il déploré.