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29/09/2016

La France et la Belgique organisent un mini-sommet contre le terrorisme

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La France et la Belgique organisent un mini-sommet contre le terrorisme

Le Premier ministre français Manuel Valls se rendra le 1er février à Bruxelles

[Philippe Villeret/Picturetank]

Manuel Valls se rendra le 1er février à Bruxelles, où il coprésidera avec son homologue belge Charles Michel une réunion sur la lutte contre le terrorisme, a confirmé Matignon.

Sans être jusqu’ici officiellement confirmée, cette idée de « mini-sommet » franco-belge était évoquée depuis plusieurs semaines tant à Paris qu’à Bruxelles, alors que selon l’enquête sur les attentats de novembre de Paris et Saint-Denis, ceux-ci ont été fomentés en grande partie depuis la Belgique.

Participeront à la réunion les ministres français et belge de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et Jan Jambon, et ceux de la Justice, Jean-Jacques Urvoas et Koen Geens.

Coopération franco-belge

Cette réunion permettra de faire le point sur « la coopération franco-belge en matière de lutte contre le terrorisme et la radicalisation » et d’examiner les moyens de « la renforcer », a expliqué Matignon dans son communiqué.

A ce volet bilatéral s’ajoutera un volet européen, pour étudier « quelles actions peuvent être soutenues » pour lutter contre le terrorisme au niveau de l’UE et de l’espace Schengen, a précisé un conseiller à l’AFP.

>>Lire : Les mesures sécuritaires affluent en ordre dispersé dans l’UE après les attentats

Selon Matignon, la coopération entre la France et la Belgique a jusqu’ici « bien fonctionné », comme en témoignent les nombreuses interpellations effectuées -un onzième homme a ainsi été inculpé en Belgique la semaine dernière dans le cadre de cette enquête.

Mais il s’agit de voir comment l’améliorer. Les ministres se pencheront notamment sur la manière dont l’échange d’information entre les deux pays pourrait être renforcé.

Système d’information Schengen

Pour l’heure, la sûreté d’Etat belge ne peut par exemple pas signaler directement dans le système d’information Schengen (équivalent européen du fichier des personnes recherchées français) les personnes qu’elle considère dangereuses, elle doit passer par la police fédérale belge, a expliqué le conseiller de Matignon.

>>Lire: La France veut des mesures européennes de lutte contre le terrorisme

Il pourra également s’agir de « voir s’il est nécessaire de favoriser l’interopérabilité des réseaux de communication pour davantage fluidifier l’échange d’informations ».

S’agissant de la lutte contre la radicalisation, la réunion sera l’occasion d’un échange sur les « bonnes pratiques » de chacun des deux pays.

Registre européen des données des passagers aériens

Sur le volet européen, il s’agira pour la France de rappeler les mesures qu’elles souhaitent voir mises en œuvre.

Ainsi le registre européen des données des passagers aériens, dit « PNR », a été adopté en décembre en commission au Parlement européen, mais il faut à présent le « mettre en oeuvre », a expliqué un autre conseiller à Matignon.

La mise en place d’un corps de gardes-frontières européens, proposée le 15 décembre par la Commission européenne, doit être « adoptée », a-t-il dit. Pour cela, la Commission devra vaincre les réticences de nations peu enclines à abandonner une part de leur souveraineté.

>>Lire : Le fichage des passagers aériens franchit une étape au Parlement européen

La France partage également le projet de la Commission de rendre systématique le contrôle des ressortissants européens à l’entrée de l’espace Schengen.

Le Premier ministre encouragera enfin la Commission européenne à faire rapidement des propositions législatives concernant la lutte contre le financement du terrorisme, alors qu’elle doit présenter mardi un « plan d’action » dans le domaine.