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19/01/2017

Macron veut un commissaire européen dédié à la zone euro

Priorités UE 2020

Macron veut un commissaire européen dédié à la zone euro

Le ministre de l'Economie est un des défenseurs d'une zone euro plus intégrée

[OFFICIAL LEWEB PHOTOS/Flickr]

Le ministre de l’Économie a appelé à avancer sur la construction d’un noyau dur de la zone euro, afin de sortir de 10 années de glaciation de la construction européenne. 

La construction européenne a perdu 10 ans, selon le ministre de l’Économie français, Emmanuel Macron, et doit se remettre en marche.

Invité à une conférence sur l’UE à l’université Paris-Dauphine avec Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la Concurrence, le ministre français a dénoncé l’ère de glaciation entamée depuis le « non » français au référendum portant sur la constitution européenne, en 2005.

Ère de glaciation

« Nous nous réveillons de 10 ans de glaciation européenne, après le référendum sur la constitution européenne et la crise qu’a traversé la zone euro » a détaillé Emmanuel Macron.

« Lorsque je regarde la situation de l’Europe par rapport à celle d’il y a dix ans, est-ce que je constate une amélioration ? Pas forcément » a-t-il poursuivi.

>>Lire : Les ténors de l’UE appellent à plus d’intégration

Pour le ministre de l’Économie, la construction européenne doit impérativement repartir autour du développement du marché unique entre les 28 États membres. Mais d’autres projets, tels que la généralisation du programme d’échange Erasmus doivent également faire partie des priorités.

« Pourquoi ne généralise-t-on pas Erasmus, qui est une des réussites les plus emblématiques de l’Union européenne ? » a-t-il proposé.

Selon le ministre, le programme Erasmus devrait profiter à chaque jeune européen, afin que l’intégralité d’une génération d’étudiants ou d’apprenti passe au moins six mois dans un autre pays de l’Union européenne.

Zone euro

Le second axe de relance de la construction européenne défendu par Emmanuel Macron devrait s’articuler autour d’un renforcement de la zone euro, voire même une intégration renforcée d’un « noyau dur » de la zone euro.

>>Lire : France et Allemagne poussent pour plus d’intégration économique en UE

« Il faut sortir de la tétanie de contrarier les autres pays membres de l’UE et ne pas avancer au sein de la zone euro » a-t-il martelé.

« Il faut mettre en place à terme des politiques de convergences » a-t-il détaillé, citant la mise en place d’une capacité budgétaire commune, la convergence des politiques fiscales, une représentation démocratique de la zone euro via la création d’un Parlement de la zone euro et une représentation unique de la zone euro, au travers d’un futur commissaire européen de la zone euro.

>>Lire : Emmanuel Macron et Sigmar Gabriel veulent réparer les défauts de l’euro

Ce futur représentant pourrait à terme représenter l’ensemble des membres de la zone euro au sein des instances économiques internationales telles que le Fonds monétaire international (FMI).

>> Lire : L’idée d’une zone euro politique chemine en France

« Lorsque nous aurons accompli la construction de la zone euro, et que son représentant ne sera plus cantonné à des fonctions financières et monétaires, il aura donc vocation à remplacer le président de l’Eurogroupe » a proposé Macron.