Xavier Bettel dénonce l’attitude honteuse des dirigeants européens au Conseil

Xavier Bettel [Conseil européen]

Les dirigeants européens doivent réagir plus rapidement aux crises et cesser de se comporter « comme s’ils étaient au souk » au sein a estimé le Premier ministre du Luxembourg, Xavier Bettel, qui assure la présidence tournante de l’UE. 

Lors d’un dîner à Bruxelles le 21 octobre, Xavier Bettel a révélé les difficultés auxquelles il est confronté à la présidence tournante de l’UE. « C’est la présidence la plus difficile que nous ayons eue », a noté le Premier ministre luxembourgeois, soulignant que cette période est d’une importance vitale pour l’Europe, qui doit relever bien des défis.

Le Brexit, le Grexit, Daech, les réfugiés, l’Ukraine, la Russie… Toutes ces crises nous rappellent que l’Union qu’ont décidé de construire nos grands-pères était un projet de solidarité, a-t-il insisté.

Solutions européennes

« Nous devons trouver des solutions européennes aux problèmes supranationaux. Nous avons besoin de règles européennes, communes, d’un mécanisme législatif permanent » en ce qui concerne les milliers de migrants et de réfugiés qui se pressent aux frontières de l’Europe.

« Qui sait quel autre pays subira le même sort que la Syrie. Nous ne pouvons pas continuer à nous rencontrer à Bruxelles tous les six mois pour nous comporter comme dans un souk et refuser de prendre nos responsabilités. C’est une honte », s’est indigné le Premier ministre luxembourgeois.

Lors du dîner annuel des Amis de l’Europe, un groupe de réflexion bruxellois, Xavier Bettel a rappelé aux notables européens qu’il était – à 42 ans – assez âgé pour se souvenir d’une Europe où les frontières existaient encore, une Europe avec différentes monnaies et moins de solidarité. « Aujourd’hui, tout ça nous semble aller de soi, mais la crise grecque nous a montré que si nous nous serrons les coudes, nous trouverons des solutions », a-t-il assuré.

« Nous devons nous préoccuper plus sérieusement des citoyens », a-t-il ajouté, en référence au débat qui attend l’UE sur la renégociation de l’adhésion du Royaume-Uni à l’Union. « Nous parlons très souvent des citoyens, mais nous ne parlons que rarement avec eux », regrette-t-il.

Débat démocratique

Xavier Bettel s’est également amusé de la façon dont les dirigeants laissent les médias sociaux détourner le débat démocratique. « Nous pensons souvent que les citoyens ne sont pas au courant, mais ils sont au courant, parce qu’ils le lisent sur Facebook. Et si c’est sur Facebook, ça doit être vrai. »

« On ne peut pas contrôler l’information, mais il est important d’éduquer les jeunes sur les dangers des nouvelles technologies de communication et de garder le dialogue ouvert », a-t-il continué, avant d’ajouter que les Européens devraient être fiers de ce qu’ils avaient construit.

Ne pas oublier l’Ukraine

Xavier Bettel a pris ses fonctions en tant que président de l’UE avec conviction. Il a rencontré le président russe, Vladimir Poutine, à Sotchi au début du mois, et était à la veille d’une visite à Kiev, afin de s’entretenir avec le président ukrainien, Petro Porochenko.

« En ce qui concerne l’Ukraine, nous n’avons qu’un accord. [L’accord de Minsk] Cet accord doit être respecté, sinon nous devrons renforcer les sanctions. Si au contraire l’accord est respecté, nous devrons revoir les sanctions », indique-t-il. Ce n’est pas parce que la situation en Syrie s’aggrave que nous devons oublier l’Ukraine, a-t-il insisté.