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19/01/2017

À Riga, Cameron sonde l’UE sur ses propositions de réforme

Royaume-Uni en Europe

À Riga, Cameron sonde l’UE sur ses propositions de réforme

David Cameron.

[Number 10/Flickr]

Le Premier ministre britannique David Cameron va profiter vendredi de sa première sortie à l’étranger depuis sa réélection triomphale pour engager la discussion sur des réformes de l’UE, avant un référendum sur l’avenir de son pays dans l’Union.

Le sommet européen de Riga, réunissant les 28 pays membres de l’UE et six pays de l’ex-URSS, doit surtout porter sur le partenariat avec l’Est, mis à mal par la crise ukrainienne, conséquence du refus de la Russie d’accepter ce qu’elle voit comme une réduction de sa zone d’influence.

Mais en l’absence d’avancées concrètes dans ce domaine, M. Cameron et son homologue grec Alexis Tsipras, qui a rencontré jeudi soir la chancelière Angela Merkel et le président français François Hollande, se sont retrouvés sur le devant de la scène.

Renégocier la relation avec l’UE

Le Premier ministre britannique, encore auréolé par sa victoire inattendue dans les urnes, a déclaré à son arrivée vendredi matin à Riga qu’en « travaillant ensemble », les 28 étaient en mesure d’« améliorer l’Union européenne ».

« Aujourd’hui, je vais commencer sérieusement à discuter avec les autres dirigeants pour réformer l’UE et renégocier la relation du Royaume-Uni avec l’Union », a ajouté M. Cameron dans des propos diffusés par ses services, tout en reconnaissant que ces entretiens « ne seront pas faciles ».

>>Lire : La renégociation du Royaume-Uni avec l’UE a déjà démarré

M. Cameron aspire à rapatrier certains pouvoirs et à durcir les conditions d’accès aux aides sociales pour les immigrés de l’UE, notamment en provenance des pays de l’Est, ce qui hérisse Varsovie, Bratislava et Budapest.

Ces nouveaux problèmes à l’horizon de l’UE s’ajouteront à ceux du Partenariat oriental qui vise à renforcer les liens politiques et économiques avec les six pays issus de l’ex-URSS.

Les dirigeants de l’UE, Angela Merkel en tête, ont assuré jeudi soir qu’ils renforceraient leur coopération avec eux mais douché tout espoir d’adhésion, de quoi apaiser la Russie, hostile à toute « intrusion » dans sa sphère d’influence.

« Le Partenariat oriental n’est pas un instrument d’élargissement de l’Union européenne mais de rapprochement avec l’Union européenne », a insisté la chancelière allemande en arrivant à Riga.

Fausses attentes

« Nous ne devons pas éveiller de fausses attentes auxquelles plus tard nous ne serons pas en mesure de répondre », a-t-elle ajouté, alors que l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie, soutenues par leurs voisins baltes et polonais, clament haut et fort leur volonté d’entrer dans l’UE.

Ce projet « n’est dirigé contre personne, notamment pas contre la Russie », a toutefois insisté la chancelière, tout en rappelant qu’un retour de ce pays au sein du G7, le club de sept des pays les plus industrialisés de la planète, n’était « pas imaginable » pour l’instant en raison de son soutien aux séparatistes dans l’Est ukrainien.

« L’Union maintiendra le cap (du Partenariat avec l’Est) malgré les intimidations, l’agression », a renchéri le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, soucieux de tendre la main à des voisins très inquiets face aux affirmations de puissance de Vladimir Poutine.

>>Lire : David Cameron stigmatise une Europe qui « ne fonctionne pas »

Il les a toutefois invités à se montrer patients. « Il faut avancer étape par étape » et poursuivre sur la voie des réformes en échange de liens économiques plus étroits avec l’UE, a-t-il averti.

À plus court terme, la Géorgie et l’Ukraine réclament la libéralisation du régime de visas déjà accordée à la Moldavie, qui faciliterait de beaucoup les échanges mais dont certains pays européens craignent qu’elle ne débouche sur un afflux massif de travailleurs de l’Est.

« Nous espérons que cette libéralisation entrera en vigueur d’ici à la fin de l’année », a relevé la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaite, Kiev et Tbilissi devant encore répondre pour cela à un certain nombre de critères.

>> Lire : À Riga, l’UE veut différencier les pays du Partenariat Oriental

La dette grecque s’est aussi invitée dans la capitale lettonne où la chancelière allemande et le président français François Hollande, se sont entretenus longuement en fin de soirée de cette question brûlante avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

Les trois dirigeants « se sont mis d’accord sur la nécessité que les autorités grecques poursuivent leur travail avec les trois institutions » créancières, à savoir l’Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI), convenant de « rester en contact étroit dans la période à venir », selon l’entourage du chef de l’État français.

Contexte

Le 7 mai, le résultat des élections législatives britanniques offrira une indication intéressant sur la volonté des Britanniques : rester dans l'UE ou la quitter, après quarante ans de relations difficiles.

La montée d'euroscepticisme au Royaume-Uni a fait de l'adhésion à l'Union européenne l'un des sujets brûlants des élections.

En cas de victoire de son candidat, le part conservateur, au pouvoir, a promis l'organisation d'un référendum sur la question d'ici fin 2017, plaçant l'avenir de l'Europe au centre du débat politique.

Le Premier ministre David Cameron a déclaré qu'il ferait campagne en faveur de l'adhésion du Royaume-Uni dans l'UE, mais seulement s'il parvient à négocier des réformes avec l'UE, affirmant que « l'intérêt national de la Grande-Bretagne est mieux servi dans une Union européenne souple, ouverte et adaptable ».