Amsterdam et Lille dans la course à l’agence des médicaments

Alors que la France soutient Lille, les Pays-Bas ont annoncé le 20 avril qu’Amsterdam serait candidate à l’accueil de l’Agence européenne des médicaments, actuellement située à Londres.

Dans une lettre au Conseil européen et à la Commission européenne, Mark Rutte, Premier ministre néerlandais, a annoncé l’intention de son pays d’entrer dans la compétition pour la relocalisation de l’Agence européenne des médicaments (EMA) après le Brexit. Selon lui, la métropole d’Amsterdam est l’endroit le plus adapté pour recevoir l’agence.

Le secrétaire d’État à la santé, à la sécurité sociale et aux sports, Martin van Rijn, a insisté sur le fait que le travail vital de l’EMA ne devrait pas être perturbé, soulignant que les Pays-Bas offraient toutes les infrastructures nécessaires au rapatriement rapide et efficace de l’agence.

« De plus, son propre Conseil d’évaluation des médicaments est l’un des régulateurs nationaux les plus éminents en Europe », a-t-il ajouté.

Athènes et Copenhague se disputent l’Agence des médicaments

Les critères de relocalisation de l’Agence européenne des médicaments après le Brexit ne devraient pas être politiques, estiment des représentants danois et grecs.

D’autres États membres ont déjà exprimé leur intérêt face au déménagement imminent de l’agence : la Suède, le Danemark, l’Italie, la France, l’Irlande, l’Allemagne, la Grèce, la Croatie et l’Espagne.

Le Bureau européen des consommateurs (BEUC), le Forum des patients européens (EPF) et EURORDIS – Rare Diseases Europe ont récemment indiqué que la relocalisation de l’EMA constituait une « inquiétude grave pour les patients et les consommateurs de l’UE » et a appelé Bruxelles à prendre une décision « le plus rapidement possible », afin de minimiser l’impact du déménagement, notamment en termes de retards dans l’évaluation de nouveaux traitements et de pharmacovigilance.

Critères objectifs

Dans sa lettre, Mark Rutte explique que le choix d’Amsterdam permettrait également au personnel de l’EMA de déménager facilement et de s’installer rapidement au sein d’une « société orientée à l’international ».

Il a noté que le Conseil européen devrait décider de l’avenir de l’agence « aussi rapidement que possible », dès que l’exécutif européen aura évalué les pays candidats « sur la base de critères objectifs ».

« J’encourage la Commission à impliquer l’EMA dans la détermination de ces critères », a-t-il ajouté. « Les Pays-Bas sont prêts à soutenir un processus de décision transparent, objectif et prompt sur la relocalisation de l’EMA. »

Inquiétudes sur la relocalisation de l'Agence européenne des médicaments

Les organisations de patients craignent qu’une relocalisation trop lente de l’Agence européenne des médicaments ne perturbe les systèmes de santé.

Un porte-parole de la Commission a récemment indiqué à Euractiv que la décision serait prise « entre les représentants des États membres au niveau gouvernemental ou du chef d’État, ou lors d’un Conseil ». Le Royaume-Uni ne sera cependant pas invité à participer à la prise de décision.

La déclaration commune sur les agences décentralisées, adoptée par le Parlement européen, le Conseil et la Commission en 2012, liste une série de critères à prendre en compte lors de la détermination de la localisation du siège d’une agence. Selon ce texte, l’accessibilité de l’endroit est d’une grande importance, tout comme l’existence de structures éducatives adéquates pour les enfants du personnel.

Bruxelles refuse toute discussion sur le rapatriement des agences londoniennes

La Commission européenne souhaite trouver un nouveau siège pour les agences européennes basées à Londres le plus rapidement possible. Le gouvernement français a annoncé soutenir la candidature de Lille pour l’agence européenne des médicaments.

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En France, le syndicat du médicament, le LEEM, s’est réjoui de la décision de la France de soutenir la candidature de Lille, annoncée le 19 avril.