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01/10/2016

Les partisans du Brexit dénoncent la «propagande» de Cameron

Royaume-Uni en Europe

Les partisans du Brexit dénoncent la «propagande» de Cameron

Nigel Farage

[European Parliament/Flickr]

David Cameron, le Premier ministre britannique, est accusé d’avoir utilisé des fonds publics pour soutenir la campagnie contre le Brexit.

Le gouvernement a envoyé des millions de brochures appelant les citoyens à voter contre le Brexit lors du référendum du 23 juin. Les partisans du Brexit s’en sont émus. Selon les sondages, le référendum devrait être très disputé.

« En période d’austérité, il n’est pas normal de dépenser 9 millions de livres [11 millions d’euros] des contribuables pour faire de la propagande », a estimé le ministre de la Justice, Michael Gove, qui est des membres du gouvernement actuel à plaider pour la sortie de l’UE.

La brochure de 15 pages a été envoyée à plus de 27 millions de foyers, et sera complétée par un nouveau site Internet. Coût total de l’opération : 11,5 millions d’euros.

Nigel Farage, chef de file du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), a estimé « scandaleux » que le gouvernement utilise les deniers publics « pour nous dire ce que nous devrions penser et faire ». La brochure est en outre « pleine de mensonges », selon lui.

David Cameron insiste sur le fait que le gouvernement était neutre, ce que les citoyens doivent savoir. Il a en effet autorisé ses ministres à se positionner à leur guise.

« Je veux que tout le monde dispose facilement de toutes les informations nécessaires, mais le gouvernement a une opinion tranchée, je ne m’en excuse pas, et tout le monde doit également savoir cela », a-t-il déclaré.

La commission électorale avait de son côté désapprouvé la mesure. L’organe de surveillance avait déjà appelé à l’instauration de règles plus strictes pour encadrer les activités gouvernementales pendant la campagne, mais n’a pas été entendu. « Nous estimons que le gouvernement n’aurait pas dû [lancer de campagne partisane], mais ce n’est pas illégal », a indiqué une porte-parole de la commission au Financial Times.

>> Lire : Relâcher la pression pour éviter le Brexit?

Compte à rebours : 11 semaines avant le référendum

Cette initiative est lancée une semaine avant le début de la période de campagne officielle du référendum, qui commence le 15 avril. A partir de ce moment, les dépenses seront strictement encadrées. Dans les dix semaines qui précèderont le vote, les deux camps ne seront en effet pas autorisés à dépenser plus de 9 millions d’euros.

« En pratique, le gouvernement vient de doubler le financement de la campagne pro-UE », estime Liam Fox, ancien ministre à la Défense et partisan d’une sortie de l’union.

Le soir du 7 avril, une pétition exigeant que le gouvernement cesse d’utiliser les fonds publics pour financer la campagne pro-UE avait déjà attiré plus de 72 000 signataires.

Tweet de Nigel Farage : David Cameron pourrait-il nous dire comment l’utilisation par le gouvernement de 10 millions de livres pour financer une brochure/un site web est-elle conforme aux règles de la commission électorale?

 

 

Contexte

En 2015, pendant sa campagne de réélection, le Premier ministre britannique, David Cameron, a promis de renégocier les conditions d'adhésion du pays à l'UE et d'organiser un référendum pour que les Britanniques décident s'ils souhaitent rester dans l'union ou en sortir.

Après un sommet lors duquel il a obtenu des concessions des 27 autres États membres, David Cameron a confirmé qu'il ferait campagne pour que le Royaume-Uni ait un avenir européen.

Les dirigeants européens ont écarté toute possibilité de changer les principes fondamentaux de l'UE, tels que la libre circulation des travailleurs et l'interdiction de la discrimination entre les travailleurs de différents pays de l'UE.

Un Brexit aurait de lourdes conséquences pour le commerce, l'investissement et la position de la Grande-Bretagne sur la scène internationale.

La campagne sera rude dans ce pays de tradition eurosceptique et doté d'une presse de droite très hostile à l'UE. Les sondages indiquent une course très serrée.

>> Suivre notre direct : Brexit or no Brexit

Prochaines étapes

  • 23 juin : Référendum britannique sur l'UE.
  • 27-28 juin : Sommet européen.
  • Juillet-décembre 2017 : Le Royaume-Uni sera à la présidence tournante du Conseil de l'UE.