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11/12/2016

Brexit : l’Allemagne veut un accord avant les européennes de 2019

Royaume-Uni en Europe

Brexit : l’Allemagne veut un accord avant les européennes de 2019

Michael Roth

La Grande-Bretagne devrait bénéficier d’un « statut spécial » dans ses relations futures avec l’Union européenne, mais doit enclencher dès le début de l’année prochaine la procédure de sortie de l’ensemble communautaire, a déclaré le ministre allemand des Affaires européennes, Michael Roth.

« D’ici la fin de l’année, il devrait y avoir suffisamment de temps pour nous organiser et nous ajuster à la nouvelle situation. Nous ne devrions pas laisser trop de temps s’écouler », estime le ministre allemand des Affaires européennes.

La Première ministre britannique Theresa May, qui a succédé à David Cameron après la victoire du camp du Brexit au référendum du 23 juin, a fait savoir qu’elle n’invoquerait pas d’ici la fin de l’année l’article 50 du traité européen de Lisbonne qui déclenche le mécanisme de sortie d’un pays de l’UE prévu sur deux ans.

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Or, estime Michael Roth, ce n’est qu’une fois cet article invoqué que les discussions sérieuses pourront commencer. Il sera alors possible de conclure les négociations dans un délai de deux ans, avant la tenue des prochaines élections européennes, au printemps 2019. « Nous ne pouvons pas ergoter sur ce point. Même si nous ne le souhaitions ou ne le voulions pas, le Brexit a gagné et de fait, il ne pourra pas y avoir de députés britanniques dans le prochain Parlement européen », dit-il.

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Interrogé sur la nature des relations qui pourraient être mises en place entre Londres et l’UE, le ministre social-démocrate juge que l’accord différera vraisemblablement des modèles d’association existants avec la Suisse ou la Norvège par exemple.

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« Compte tenu de la taille de la Grande-Bretagne, de son importance et de sa longue appartenance à l’Union européenne, il y aura probablement un statut spécial qui ne pourra être vraiment comparé à ceux des pays qui n’ont jamais appartenu à l’Union européenne », explique-t-il.

« Je souhaite des relations aussi proches que possible entre l’Union européenne et la Grande-Bretagne », poursuit-il, en ajoutant aussitôt qu’« il n’y aura pas de choix à la carte. »

L’essentiel des négociations à venir devrait porter sur l’accès au marché intérieur européen et la libre circulation des travailleurs. Sur ce point, Michael Roth ne laisse guère de place au compromis : « La libre circulation des travailleurs est un atout très précieux et nous ne voulons pas transiger là-dessus. »