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04/12/2016

Brexit : les motivations de ceux qui l’ont voté

Royaume-Uni en Europe

Brexit : les motivations de ceux qui l’ont voté

Brexit_CREDIT[Tomek Nacho_Flickr]

Près de la moitié, des votants du « leave » ont choisi le Brexit pour que le Royaume-Uni reprenne le contrôle de sa politique migratoire. Un article de notre partenaire, La Tribune.

« Je préfère être plus pauvre avec moins de migrants », avait déclaré Nigel Farage, l’ex-leader de UKIP et symbole de la campagne pro-Brexit. Un avis visiblement partagé par ces Britanniques qui ont voté pour le « leave »  lors du scrutin du 23 juin. Faisant fi des avertissements du FMI et de l’OCDE sur les conséquences économiques d’un tel vote, ils se sont exprimés dans les urnes en grande partie pour des raisons de politique migratoire.

L’impact des réglementations européennes sur la compétitivité des entreprises, l’exposition à la dette grecque et à celles des autres économies instables, tout ceci, les votants du « leave » n’en ont que faire. Ce qui leur importe, c’est de regagner leur liberté législative, en particulier concernant l’immigration. En effet, près d’un sur deux (47,8%) a choisi de quitter l’UE, car c’était « la seule solution pour que [le Royaume-Uni] contrôle [ses] frontières et mette en place [sa] propre politique d’immigration », révèle un sondage de Survation pour ITN publié par indy100 (The Independent).

Theresa May privilégie aussi le contrôle des frontières

Ces opinions reflètent la stratégie prise par la nouvelle Première ministre Theresa May. Pourtant opposée au Brexit, cette dernière a fait comprendre à ses voisins européens qu’elle était prête à sacrifier le marché commun pour garder les mains libres sur la politique migratoire. Le Royaume-Uni est pourtant membre de l’union douanière depuis quarante-trois ans.

Au-delà des questions d’immigration, les Britanniques qui ont fait le choix du « leave » expriment surtout le souhait de reprendre le contrôle sur la totalité du processus législatif. Ils ne veulent plus se voir imposer des directives de la part d’une entité supranationale.

Ceux qui votent contre l’immigration ne sont pas ceux qui la vivent

Les conséquences de l’immigration sur le vote sont en revanche à manier avec précautions. Car les données géographiques du scrutin révèlent un paradoxe étonnant, soulevé par le Guardian selon lequel : « les plus grandes parts de votants pour le ‘remain’ sont dans des zones où le niveau d’immigration nette est le plus élevé ». Une contradiction d’autant plus surprenante que « les zones avec les plus forts taux de vote en faveur du ‘leave’ sont celles qui comptaient le moins de nouveaux immigrés », poursuit le quotidien.

L’exemple le plus frappant demeure celui de la capitale. Londres a absorbé le tiers des 330 000 nouveaux arrivants en 2015 et a vu ses habitants voter massivement pour rester dans l’UE. La ville de Lambeth (Grand Londres) a accueilli 4 600 nouvelles arrivées en 2015 et les habitants ont voté à 78% pour le « remain ». À l’inverse, Castle Point (Essex) n’a vu arriver que 81 immigrés la même année, mais ses habitants ont voté à 72% pour le « leave ».

Que donnerait un nouveau référendum ?

Les résultats du scrutin du 23 juin ont surpris tout le monde. Certains ont proposé de refaire le vote, espérant que ceux ayant fait le choix du Brexit auraient pris conscience d’une erreur. D’autant que le camp du « leave » l’a emporté d’une courte majorité de 51,9%, contre 48,1% pour le « remain ».

Survation a cherché à connaître l’avis des sondés sur la question, qu’ils aient voté pour ou contre le Brexit. Résultat, le « leave » garde une courte tête (44,3%). À l’image du scrutin de juin dernier, ce sont les indécis qui feraient la différence.