Les négociations du Brexit démarrent dans la courtoisie

Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE pour le Brexit. [European Commission]

Les négociations pour un « retrait ordonné » du Royaume-Uni de l’UE ont été lancées le 19 juin par Michel Barnier et David Davis à Bruxelles. Les deux futurs divorcés ont tenté de faire bonne figure.

« Aujourd’hui nous lançons les négociations pour le retrait ordonné du Royaume-Uni de l’Union européenne », a déclaré solennellement le négociateur en chef pour l’UE, Michel Barnier, après avoir serré la main de David Davis, ministre britannique au Brexit.

Le Français a brièvement pris la parole pour marquer ce moment historique et très attendu, disant espérer des discussions « constructives », presque un an jour pour jour après le référendum du 23 juin 2016 par lequel les Britanniques ont opté pour quitter le bloc européen.

Cette première rencontre doit être dédiée à « l’identification des priorités » et du calendrier de négociations, a précisé Michel Barnier.

« Notre objectif est clair: nous voulons d’abord nous attaquer aux incertitudes causées par le Brexit », a-t-il expliqué. « D’abord pour les citoyens, mais aussi pour les bénéficiaires des programmes européens ». La question de la frontière entre l’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord sera aussi prioritaire.

« Nous débutons cette négociation sur un ton positif et constructif, déterminés à bâtir un partenariat fort et spécial avec nos alliés dans l’UE », a déclaré de son côté David Davis.

La prochaine rencontre est prévue pour le 17 juillet. Les négociations devraient durer deux ans et être finalisées d’ici avril 2019, date de sortir automatique du Royaume-Uni de l’UE, sauf si les 27 en décident autrement.

Inquiétudes sur le marchandage post-Brexit des droits des citoyens

Les négociateurs du Brexit devront mener des discussions « extrêmement complexes » sur les droits des citoyens européens au Royaume-Uni et des Britanniques expatriés dans l’UE.

Incertitudes

« La première phase des négociations se penchera sur trois questions principales : la protection des droits des citoyens, le règlement financier des obligations du Royaume-Uni et les nouvelles frontières externes de l’UE », a déclaré la Commission.

Theresa May, la Première ministre britannique, a appelé à des garanties réciproques larges pour les expatriés britanniques vivants dans l’UE après le Brexit. Les représentants européens insistent cependant sur le fait que celles-ci doivent être négociées dans le détail pour qu’elles aient une valeur juridique et puissent rassurer les personnes concernées.

Les deux parties devront également négocier un nouveau régime douanier et commercial entre le marché unique et l’économie britannique, ce qui s’annonce tout sauf facile. Theresa May a déjà déclaré qu’elle souhaitait s’assurer un accès au marché unique, mais les représentants européens  sont sceptiques.

Theresa May tire un trait sur la marché unique

Après un silence prolongé, Theresa May a dévoilé les 12 priorités du gouvernement britannique dans les négociations du Brexit. Au programme : sortie du marché unique, nouvelle union douanière et vote parlementaire sur l’accord finalisé.

Lors des élections du 8 juin,  la Première ministre et le parti conservateur n’ont pas réussi à dégager une majorité parlementaire. Les conservateurs se sont donc alliés au parti d’extrême droite nord-irlandais DUP.

Le DUP, nouvel allié homophobe et anti-avortement de Theresa May

Privée d’une majorité absolue, Theresa May a été forcé de conclure une alliance précaire avec le Parti unioniste démocratique, une formation d’extrême droite profondément opposée aux droits des homosexuels et de l’avortement.

La frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande reste un problème épineux pour les négociateurs du Brexit. La Commission européenne a assuré que le respect de l’Accord du Vendredi saint, qui a mis un terme aux violences et aux attentats en Irlande du Nord dans les années 1990, resterait une de ses priorités dans les négociations.

L’exécutif a appelé les gouvernements de Londres et Dublin à rester neutres, mais l’alliance de Theresa May avec les unionistes du DUP, traditionnellement anticatholiques, pourrait inquiéter les catholiques d’Irlande du Nord et raviver les tensions entre les communautés.

L'UE envisage la réunification de l’Irlande après le Brexit

Lors du sommet du 29 avril, les dirigeants de l’UE aborderont la question d’une adhésion automatique de l’Irlande du Nord à l’UE, une fois le Brexit finalisé, dans l’hypothèse où elle serait réunifiée avec la République d’Irlande, selon des sources européennes.