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26/09/2016

Le référendum oppose la province anglaise à Londres et l’Écosse

Royaume-Uni en Europe

Le référendum oppose la province anglaise à Londres et l’Écosse

Carte eurosceptique du Royaume-Uni.

Le référendum britannique sur l’Europe du 23 juin devrait voir l’Écosse et les grandes villes, majoritairement europhiles, affronter l’Angleterre provinciale, pro-Brexit.

« L’Angleterre provinciale contre Londres et les Celtes. » C’est comme ça que Peter Kellner, ancien président de YouGov, un organisme de sondages, décrit le référendum sur l’Europe.

>> Lire notre direct : Brexit or no Brexit ?

Londres

Avec 8,6 millions d’habitants, Londres est une ville-monde. Les sondages indiquent que 60 % des électeurs y voteront pour le maintien dans l’Union.

La capitale britannique est l’un des plus grands centres financiers au monde, mais aussi une métropole cosmopolite, dont 37 % des habitants sont nés à l’étranger.

Ron Johnston, de la faculté de géographie de l’université de Bristol, a expliqué à l’AFP que les endroits où l’on est plus enclins à voter en faveur de l’UE sont « les endroits les plus cosmopolites [où] les gens sont plus qualifiés et ont une plus grande expérience de l’Europe, des relations avec l’UE ».

D’autres villes suivent d’ailleurs cette tendance. « Une grande partie des zones pro-UE sont des villes universitaires avec un âge moyen relativement jeune : Liverpool, Manchester, York et Bristol », souligne YouGov.

Écosse

Des quatre nations qui forment le Royaume-Uni, l’Écosse est de loin la plus europhile. Un sondage Ipsos MORI récent monter que le soutien à l’UE y atteint 64 %.

« L’Écosse est différente, notamment parce qu’elle a historiquement des liens plus étroits avec l’Europe, et surtout avec la France », indique Ron Johnston. « L’Écosse a toujours été un peu plus cosmopolite. »

Le Parti national écossais a d’ailleurs réussi à exploiter ce sentiment pro-UE lors de sa campagne pour l’indépendance, souligne-t-il.

« Londres, l’Écosse et l’Irlande du Nord seront sans doute les zones les plus opposées au Brexit, qui remporte par contre un franc succès dans les provinces anglaises », confirme Charles Pattie, de l’université de Sheffield.

« La position du pays de Galles est intéressante : pas aussi pro-Brexit que l’Angleterre, mais pas aussi pro-UE que l’Écosse ou l’Irlande du Nord », ajoute-t-il.

>> Lire : Alyn Smith : « un Brexit rouvrirait la question de l’indépendance de l’Écosse »

L’Angleterre pro-Brexit

C’est dans l’Angleterre provinciale que le soutien au Brexit est le plus marqué. Étonnamment, ce sont en effet les régions qui se sentent les plus menacées par l’immigration et les pressions pesant sur les services publics.

Une augmentation de la population menacerait la « ceinture verte » de campagne qui entoure les grandes villes anglaises, assure le camp eurosceptique.

« L’immigration de masse mènera au remplacement de notre chère ceinture verte par des routes et des projets immobiliers afin de gérer l’énorme afflux de personnes », soutient Chris Grayling, parlementaire conservateur pro-Brexit.

« Le plus grand soutien au Brexit devrait venir de la province anglaise, et surtout d’une série de districts le long des côtes sud et est et dans les Midlands, ainsi que dans certaines villes industrielles plus anciennes du nord », estime-t-il.

Ce sont les habitants de ces circonscriptions qui sont le plus convaincus par l’argument des eurosceptiques, qui affirment que  c’est l’immigration européenne – et non le gouvernement conservateur – qui fait baisser les salaires, augmenter les prix de l’immobilier et plombe les écoles et les services de santé, explique Ron Johnston.

« Ce sont ces citoyens-là qui ont le plus peur de l’immigration », assure le professeur.

>> Lire : Le Brexit menacerait le système de santé britannique

Stations balnéaires

Les villes côtières, qui connaissent un lent déclin, sont des bastions eurosceptiques et une source de soutien importante du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP). Le seul député UKIP, Douglas Carswell, a ainsi été élu à Clacton, sur la côte est.

« À quelques exceptions près, comme Brighton, la plupart des stations balnéaires britanniques sont mal en point », fait remarquer Ron Johnston. Ces destinations de villégiatures souffrent en effet de la chute des prix des vols vers des destinations plus exotiques. Touristes et entrepreneurs y ont donc été remplacés par une population vieillissante, souvent peu qualifiée et majoritairement blanche.

« Ces villes sont habitées par un grand nombre de personnes qui ont dû quitter des endroits comme Londres, où ils ne parviennent plus à payer les loyers », poursuit le professeur.

En réalité, ces zones sont beaucoup moins concernées par l’immigration que les grandes villes, mais cela n’empêche pas leurs habitants de s’en inquiéter, d’où leur volonté de quitter l’Europe.

Prochaines étapes

  • 23 juin : Référendum sur l'UE.

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