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28/09/2016

Le référendum britannique minute par minute

Royaume-Uni en Europe

Le référendum britannique minute par minute

L'avenir du Royaume-Uni et de l'Europe ce joue le 23 juin.

Les grandes questions posées par le Brexit – l’avenir du Royaume-Uni, de l’Europe, de Londres, de la livre sterling, des emprunts, des entreprises, du prix d’une bière, etc. – ne se résoudront qu’après l’annonce des résultats du référendum du 23 juin.

Pourtant, la logistique du vote et du processus d’annonce du résultat sont encore relativement opaques. La commission électorale, l’organe indépendant chargé de l’organisation du référendum – le premier depuis 1975 – a annoncé que le résultat devrait être connu vers « l’heure du petit déjeuner ».

>> Suivez notre direct: Brexit or no Brexit

EurActiv vous explique donc plus ou moins à quoi vous attendre ces jeudi et vendredi. N’enclenchez pas vos chronos, toutes les indications horaires, heures d’ouverture des pubs et de fermeture des bureaux de vote sont encore modifiables.

Jeudi 23 juin

  • Les bureaux de vote du pays de Galles, d’Angleterre, d’Écosse, d’Irlande du Nord et de Gibraltar ouvrent à 8h et ferment à 23h.
  • Durant ce créneau, il est interdit aux médias britanniques de publier quoi que ce soit qui pourrait influencer le résultat du référendum. Il est peu probable que cela s’applique aux médias étrangers.
  • Contrairement aux autres élections, qui se déroulent dans 650 circonscriptions de taille plus ou moins égale, le référendum est divisé en 382 « zones de décompte ».
  • À 23h les bureaux de vote ferment. Lors des élections législatives, la BBC annonce le résultat des sondages à la sortie des urnes à cet instant précis. La BBC a cependant annoncé qu’elle ne mènerait pas de sondage le 23 juin, à cause d’un manque de données comparables qui permettrait de tirer des conclusions. Les chaines ITV et Sky pourraient tenter de remplacer le média national, mais étant donné le coude-à-coude attendu et les marges d’erreur possible, l’exercice se révèle particulièrement dangereux.

Vendredi 24 juin

Matin

  • Les médias assureront une couverture durant la nuit, mais rien de concret ne devrait apparaitre avant 5 heures. Même à cette heure-là, il ne s’agira probablement que des résultats de certaines zones, du taux de participation et d’une nouvelle couche de spéculations.
  • Il y a donc 382 « mini-résultats », mais le Royaume-Uni est ensuite divisé en 11 zones régionales, dont les responsables communiqueront leurs résultats à la mairie de Manchester, où aura lieu de décompte final.
  • Comme lors des élections législatives, la région de Sunderland, dans le nord-est de l’Angleterre, sera probablement la première à livrer ses résultats, entre 1h30 et 2h du matin. Cette ancienne zone industrielle, bastion traditionnel travailliste, donnera une bonne indication de l’impact de UKIP sur le vote travailliste. De la même manière, l’annonce des résultats de Merthyr Tydfil, au pays de Galles (2h30), Barking & Dagenham, dans Londres (3h30) et Nuneaton, dans Birmingham (3h) donneront un aperçu du vote moyen régional.
  • Les représentants de la commission électorale pensent être à même de donner une estimation du taux de participation national « tôt » le vendredi, au moins « plusieurs heures avant le résultat final ». Le résultat final devrait être annoncé à « l’heure du petit déjeuner », à Manchester, où aucun dirigeant de parti ne devrait faire d’apparition.

Un taux de participation de moins de 60 % indiquerait sans doute une victoire du camp Leave, dont la base électorale est plus motivée à aller voter. Si le nombre de votants approche les 70 % ou plus, cela prédirait au contraire le maintien dans l’UE. Lors du référendum sur l’indépendance de l’Écosse, en 2014, le taux de participation était de 84,6 %. Pour les cinq dernières élections législatives, il était de 66,1 % (2015), 65 % (2010), 61,4 % (2005), 59,4 (2001) et 71,4 % (1997).

Étant donné le coude-à-coude des deux camps et les divisions claires par zone géographique et classe sociale, les résultats régionaux pourraient varier énormément et n’indiqueront probablement pas le résultat final. Londres, l’Écosse, l’Irlande du Nord et Gibraltar devraient voter pour l’UE et la côte est de l’Angleterre pour un Brexit. Difficile en revanche de prédire le résultat dans les Midlands et les anciens bastions travaillistes du nord de l’Angleterre et du pays de Galles (où sept candidats UKIP viennent d’être élus à l’assemblée galloise).

>> Lire : Le référendum oppose la province anglaise à Londres et l’Écosse

  • À 10h30, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le président du Conseil, Donal Tusk, le président du Parlement, Martin Schulz, et le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, actuellement à la présidence tournante du Conseil, se rencontreront pour discuter du résultat du référendum.

Il est inconcevable que David Cameron ne fasse pas de déclaration publique dans la matinée ou dans l’heure qui suit l’annonce du résultat official.

Le Premier ministre et le chancelier de l’Échiquier, George Osborne, ont probablement préparé une déclaration en cas de victoire et une autre en cas de défaite du camp pro-UE, avec des nuances possibles en fonction  des cas de figure possibles.

En cas de résultat pro-UE, David Cameron pourrait considérer la question résolue. Le référendum lui servirait alors de mandat officiel pour faire appliquer l’accord négocié avec Bruxelles et réaliser davantage de réformes lors de la présidence britannique du Conseil, dans la seconde moitié de 2017.

Le Premier ministre pourrait également remanier son gouvernement, en récompensant ceux qui l’ont suivi dans sa campagne pro-UE et éventuellement en se montrant magnanime envers ses rivaux eurosceptiques. Le sort de Boris Johnson serait un mystère. De nombreux observateurs estiment en effet que David Cameron considère avoir été personnellement trahis par l’ancien maire de Londres, qui a profité du référendum pour briguer la direction du parti conservateur et lancer sa campagne.

En cas de Brexit, la première conséquence sera un effondrement des marchés, une chute de la livre sterling et de l’indice FTSE100. Le Royaume-Uni entrera alors dans un processus douloureux de négociation de ses conditions de sortie de l’union, qui devrait durer au moins deux ans, et de renégociation d’accords commerciaux avec le reste du monde. David Cameron et George Osborne pourraient être forcés de démissionner, ou au moins d’organiser une remise en question de la direction du parti conservateur.

Les prochaines élections ne sont pas prévues avant 2020, mais pourraient avoir lieu prochainement si une majorité de parlementaires votent une motion de censure à l’égard du gouvernement.

>> Lire : Brexit: les Européens pourront-ils se permettre la fermeté?

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