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03/12/2016

Cameron cherche le soutien de Merkel pour réformer l’UE

Royaume-Uni en Europe

Cameron cherche le soutien de Merkel pour réformer l’UE

Angela Merkel et David Cameron devant le 10 Downing Street. Février 2014.

[German Embassy London/Flickr]

Le premier ministre britannique David Cameron espère rallier Angela Merkel à ses projets de réformes pour l’UE, notamment sur le front de l’immigration, lors d’une réunion bilatérale à Londres le 7 janvier.

La question de la place du Royaume-Uni au sein de l’UE sera abordée lors de la rencontre organisée entre la chancelière allemande, Angela Merkel, et le premier ministre britannique, David Cameron, le 7 janvier. Cette rencontre devait à l’origine permettre aux deux dirigeants européens de discuter de la réunion du G7 qui se déroulera à Berlin au mois de juin.

David Cameron a promis d’organiser un référendum sur l’appartenance du pays à l’UE en 2017 s’il était réélu lors des prochaines élections. Il a toutefois déclaré vouloir faire campagne en faveur de l’UE, mais uniquement si des réformes considérables étaient mises en chantier dans les institutions européennes.

La campagne précédant les élections qui se tiendront le 7 mai au Royaume-Uni devrait donc être principalement axée sur l’UE, alors que le parti eurosceptique UKIP connait une hausse de popularité et a obtenu 27,5 % des voix lors des élections européennes de 2014.

>> Lire : Cameron veut avancer le référendum sur l’UE

La possibilité pour les gouvernements nationaux d’imposer leur veto à la législation européenne (le principe du « carton rouge »), l’accès aux aides sociales nationales pour les migrants issus de pays de l’Union européenne et la protection des pays ne faisant pas partie de la zone euro dans le contexte du marché unique font partie des domaines que Londres voudrait voir réformés.

Migration et principe du « carton rouge »

Les modalités du principe du « carton rouge », et particulièrement le nombre de voix nécessaire à l’abandon de projets de loi européens, doivent encore être définies. Le président français, François Hollande, a déclaré plusieurs fois être opposé à un système d’adhésion « à la carte ».

Le sujet de la migration reste quant à lui très controversé. David Cameron espère en effet réduire la migration au sein du bloc européen, un souhait contraire au droit fondamental de la liberté de circulation garanti par les traités européens.

Le ministre des affaires étrangères letton, Edgars Rink?vi?s, s’est exprimé au micro de la BBC le 7 janvier. Selon lui, le Royaume-Uni pourrait atteindre cet objectif en utilisant sa législation nationale pour réduire les cas où les migrants abusent des aides sociales, et donc sans violer les règles concernant la liberté de circulation.

>> Lire : La Commission sereine face aux positions de Cameron sur l’immigration

Protection des pays hors euro

David Cameron espère enfin obtenir une protection pour les pays ne faisant pas partie de la zone euro en ce qui concerne la gouvernance du marché unique.

Selon certaines sources au sein du gouvernement britannique, le dispositif de « double verrouillage » du mécanisme de surveillance unique (créé dans le cadre de l’union bancaire) pourrait être appliqué plus largement au marché unique. Ce dispositif garantit que les pays hors euro ont assez de poids pour s’opposer aux décisions prises par les États de la zone euro.

Glenis Willmott, chef de file des travaillistes au Parlement européen, estime que le rapprochement entre David Cameron et UKIP rend plus probable une sortie de l’UE pour le Royaume-Uni. « L’approche de David Cameron, qui cède aux exigences membres eurosceptiques de son parti et se met ainsi à dos les alliés du Royaume-Uni, ne permettra pas de mettre en place les réformes nécessaires. Il y a un gouffre entre ce que veulent les députés d’arrière-ban et ce qu’Angela Merkel et les autres dirigeants européens sont prêts à accepter », explique-t-elle.

L’eurodéputée a ajouté qu’il serait possible de « réellement réformer l’UE, afin qu’elle fonctionne mieux, mais [que] cela n’arrivera pas sans propositions constructives autour desquelles des alliances peuvent se former ».

>> Lire : Les alliés du Royaume-Uni se font rares selon l’ex-commissaire Peter Mandelson

L’eurodéputé Steven Woolfe, porte-parole de UKIP en ce qui concerne la migration, a pour sa part accusé David Cameron de tenter de faire passer un échec pour un succès aux yeux des électeurs. « Il sait qu’il ne peut rien changer à la migration dans l’UE, donc il se met à parler des aides sociales. Il n’a pas tenu ses promesses précédentes, maintenant il ne demande rien et n’obtient rien », juge-t-il.

Contexte

Il y a un an, la chancelière allemande, Angela Merkel, avait affirmé devant le parlement britannique qu'elle n'était pas prête à ce que Londres impose des réformes fondamentales à l'UE. Elle a néanmoins admis que certains aspects de l'Union devaient être réformés et que le Royaume-Uni ne devrait pas quitter le bloc. 

Alors que le Royaume-Uni s'interroge sur son avenir dans l'UE suite à la promesse de David Cameron d'organiser un référendum sur une possible sortie de l'Union, la chancelière allemande a affirmé vouloir faire un geste en faveur de Londres, sans pour autant être prête à accepter toutes ses exigences.

Les relations entre Londres et Berlin se sont rafraichies après la tentative ratée de David Cameron d'empêcher que Jean-Claude Juncker devienne président de la Commission européenne.

Prochaines étapes

 

  • Mai 2015 : Élections législatives au Royaume-Uni
  • 2017 : Date proposée pour un référendum sur l'adhésion du Royaume-Uni à l'UE