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23/01/2017

Cameron évoque un référendum en 2016

Royaume-Uni en Europe

Cameron évoque un référendum en 2016

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Crédit : [JMiks / Shutterstock.com]

David Cameron a laissé entendre que le référendum britannique aurait lieu l’année prochaine, soit avant les élections françaises et allemandes de 2017.

Lors de la clôture du sommet européen des 17 et 18 décembre, largement dominé par les tensions entre les 28 États membres sur la demande du Royaume-Uni de mettre un terme aux prestations sociales versées aux migrants européens, le Premier ministre britannique a insisté sur le fait que les négociations avaient bien avancées et qu’un accord était proche.

>> Lire : Cameron et l’UE s’accordent pour régler leurs désaccords en février

Pourtant, les seules paroles concrètes prononcées par David Cameron ont été : « je crois que 2016 sera l’année durant laquelle nous accomplirons quelque chose de crucial, en changeant la relation qu’entretient le Royaume-Uni avec l’UE et en répondant enfin aux inquiétudes des Britanniques sur notre adhésion ».

Dans leur manifeste de campagne, les Conservateurs s’étaient donné jusqu’à fin 2017 pour organiser un référendum, qui pourrait mettre un terme à 42 ans d’adhésion du Royaume-Uni à l’Union européenne.

David Cameron a toutefois affirmé qu’il s’était fixé ce délai de 2017 pour se « laisser de la marge » pour la renégociation de l’adhésion de la Grande-Bretagne, et que l’accord final était plus important que le « processus ».

« Ce qui importe est de bien faire les choses », a-t-il déclaré, tout en ajoutant « je veux un accord en février », date à laquelle aura lieu le prochain sommet des dirigeants européens.

Des rumeurs circulaient déjà sur les préférences du Premier ministre britannique : juin ou octobre 2016. David Cameron veut ainsi éviter de faire coïncider le référendum avec les élections allemande et française, qui auront lieu en 2017, et de donner trop de temps aux défenseurs d’une sortie de l’UE pour s’organiser et faire campagne.

Londres réclame à Bruxelles un accord sur quatre questions clés : une exemption d’une « union toujours plus étroite », plus de garanties pour les pays en dehors de la zone euro, et pour la City de Londres, un accent plus prononcé sur la compétitivité, et la suppression de certaines aides sociales pour les migrants européens.

Cette dernière exigence est la plus controversée à Bruxelles, puisqu’elle discrimine les citoyens européens.

>> Lire : Les négociations avec Londres s’accélèrent pour éviter le Brexit

Comme pour chaque détail du futur accord, le gouvernement britannique insiste sur le fait que tout changement devra être « juridiquement contraignant, irréversible et permanent ». D’autres capitales, notamment Paris et Berlin, s’inquiètent d’avoir à rouvrir les traités existants pour s’adapter au Royaume-Uni.

Au lendemain des attentats à Paris, qui ont fait 130 morts, David Cameron a choisi de faire jouer la sécurité nationale dans sa campagne pour que le Royaume-Uni reste dans l’UE. À cet égard, il est en effet plus profitable de faire partie d’une union et de coopérer très étroitement avec d’autres pays concernés que d’avoir une stratégie isolée. 

Il a déclaré aux journalistes que la sécurité économique et la sécurité nationale du Royaume-Uni se trouvaient dans une UE réformée, tout en insistant sur ce dernier terme.

Contexte

Le Premier ministre britannique, David Cameron a promis de renégocier les relations de son pays avec l'Union européenne. La renégociation sera donc suivie d'un référendum d'ici fin 2017, pour décider si, oui ou non, le Royaume-Uni reste dans l'UE.

S'il obtient les réformes souhaitées, David Cameron fera campagne pour rester dans l'UE. Dans le cas contraire, les conservateurs appelleront à une sortie de l'UE. Cette décision aurait de lourdes conséquences pour le commerce, l'investissement et la position de la Grande-Bretagne sur la scène internationale.

Certains États membres sont prêts à écouter les inquiétudes de David Cameron sur certains sujets comme l'immigration, et à faire des petites concessions pour que la Grande-Bretagne reste dans l'Union.

Néanmoins, les dirigeants européens ont écarté toute possibilité de changer les principes fondamentaux de l'UE, tels que la libre circulation des travailleurs et l'interdiction de la discrimination entre les travailleurs de différents pays de l'UE.

Prochaines étapes

  • 17-18 décembre : Sommet européen notamment dédié aux demandes de réformes du Royaume-Uni.
  • Février 2016 : Prochain sommet du Conseil, probablement décisif en ce qui concerne les demandes de réformes.
  • Juin 2016 : Selon certaines sources, ce serait le moment choisi par David Cameron pour organiser le référendum sur l’adhésion du Royaume-Uni à l’UE, qui doit se dérouler d’ici 2017.