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22/01/2017

Les désaccords sur le Brexit se multiplient au gouvernement britannique

Royaume-Uni en Europe

Les désaccords sur le Brexit se multiplient au gouvernement britannique

Theresa May

Le gouvernement britannique avance en ordre dispersé concernant l’activation de l’article 50. Malgré les messages contradictoires de Londres, la Commission attend toujours de pied ferme l’ouverture des négociations.

Le secrétaire d’État britannique, et principal partisan du Brexit, Boris Johnson, a admis pour la première fois à New York le 22 septembre, officiellement, que la Grande-Bretagne déclencherait l’article 50 à l’aube de la nouvelle année.

Il a également insinué que le gouvernement britannique n’aurait pas besoin des deux ans de négociations prévus par le traité de Lisbonne, se disant en faveur d’un « Brexit pur et dur » plus rapide.

Il a en outre estimé que c’était « absolument n’importe quoi » de suggérer que le Royaume-Uni ne serait pas en mesure de conserver l’accès au marché unique européen, à moins qu’il ne conserve les régulations pour la libre-circulation des citoyens vivant et travaillant dans le pays.

Déclenchement de l’article 50

Un message immédiatement critiqué par Downing Street, où un porte-parole de la Première ministre, Theresa May, a maintenu que la décision d’invoquer l’article 50 appartenait entièrement à la dirigeante britannique, et qu’elle n’avait absolument pas changé son planning.

« La position du gouvernement n’a pas changé, nous ne déclencherons pas l’article 50 avant la fin de 2016 », a-t-il confirmé.

Il s’agit de la dernière bourde en date du trio de ministres pro-Brexit à présent responsables des négociations.

Le secrétaire d’État au commerce international, Liam Fox avait déjà déclaré au début du mois que les hommes d’affaires britanniques étaient « trop gros et trop paresseux » pour saisir les occasions offertes par le Brexit.

Le ministre chargé du Brexit, David Davis avait quant à lui affirmé lors de sa première apparition à la Chambre des communes qu’il serait « très peu probable » que la Grande-Bretagne reste dans le marché unique, étant donné que le gouvernement ne serait pas en mesure de contrôler la libre-circulation.  Une affirmation bien éloignée de la position officielle de Downing Street.

Incohérences

Face aux incohérences de la position britannique, un porte-parole de Jean-Claude Juncker a assuré que la Commission « a mis en place une équipe et [attend] l’article 50 ».

>> Lire : Michel Barnier chargé de mener les négociations du Brexit

Le chancelier de l’Échiquier, Philip Hammond, à la tête du Trésor britannique, avait soutenu un Remain et a averti les hommes d’affaires britanniques que le Brexit représentait « un moment très difficile », selon le journal britannique Financial Times.

Theresa May, de son côté, s’en est tenu à sa phrase « un Brexit signifie qu’il y aura un Brexit », sans développer la forme qu’il prendra.

Son équipe de relations presse à Downing Street a également refusé de faire un quelconque commentaire sur l’état actuel des négociations et du planning pour le Brexit.

Parallèlement, le parti travailliste d’opposition a annoncé le 24 septembre sla reconduction de Jeremy Corbyn à la tête du parti. Le leader de 67 a été réélu à une large majorité, face à Owen Smith.

Jeremy Corbyn était pourtant donné perdant, lui qui a mené une campagne prévoyant un second référendum, une fois que les détails de l’accord du Brexit seront connus.

Son adversaire avait en revanche promis qu’il s’en tiendrait au résultat du référendum de juin dernier.