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01/10/2016

La Commission veut faire preuve de fermeté face à Londres

Royaume-Uni en Europe

La Commission veut faire preuve de fermeté face à Londres

Jean-Claude Juncker, David Cameron

Le président de la Commission, s’apprête à adopter une ligne dure face à Londres. L’exécutif européen se rassemble pour soutenir son dirigeant dans ces négociations, a appris EurActiv.

Le collège des commissaires s’est réuni le 27 juin, à la veille du sommet des 28 dirigeants européens, afin de préparer la position de la Commission dans les négociations de sortie du Royaume-Uni de l’UE.

Les États membres préféreraient que les négociations soient menées par le Conseil européen, mais la Commission tente d’imposer son influence.

Les fonctionnaires européens estiment que le message du président de l’exécutif est simple. Les négociations devront débuter « dès que possible » pour éviter une période d’incertitude dangereuse pour les États membres et les marchés. Le Premier ministre britannique, David Cameron, devrait donc activer l’article 50 du traité de Lisbonne le plus rapidement possible.

« Je voudrais que le Royaume-Uni clarifie sa position », a annoncé Jean-Claude Juncker lors d’une session extraordinaire du Parlement européen le 28 juin. Il a également affirmé qu’il n’y aurait pas de négociations secrètes avant que l’article 50 soit officiellement activé.

>> Lire : Juncker dit au revoir à un Farage fanfaron au Parlement européen

Le président français, François Hollande, et le Premier ministre italien, Matteo Renzi, ont également appelé David Cameron à débuter les négociations en informant officiellement le Conseil de son intention de quitter l’UE. Avant de tenir des discussions formelles, Londres voudrait cependant mener des discussions préparatoires pour aborder certains points de son futur statut.

Le Premier ministre britannique ne devait pas communiquer aux dirigeants européens le 28 juin son intention de se retirer du club des 28. Après le référendum, David Cameron a en effet déclaré que le prochain Premier ministre se chargerait de cette tâche. Mais du côté européen, la patience a des limites.

Même si Jean-Claude Juncker a admis que l’UE devait reconnaitre le résultat du référendum, il a insisté sur la nécessité d’adopter une ligne dure face au gouvernement britannique, lors de la réunion des commissaires à la veille du sommet.

Les États membres adhèrent à cette approche. Un diplomate européen a déclaré que les 27 autres gouvernements ne pouvaient pas être « compréhensifs » et devaient réagir de manière « dure et sévère ».

Qui présidera ?

Lors de la réunion « émouvante » du 27 juin, qui a eu lieu après la démission de Jonathan Hill, Jean-Claude Juncker a confirmé son intention de se montrer sévère.

Toutefois, l’exécutif pourrait bien se retrouver au second plan dans les discussions autour du Brexit.

Conformément à l’article 50, c’est le Conseil qui doit conclure au nom de l’Union les négociations pour la sortie d’un État membre du bloc, après avoir obtenu l’accord du Parlement. Les décisions prises aux cours de cette procédure doivent en outre être approuvées par une majorité qualifiée.

 >> Lire notre direct : Le Royaume-Uni quitte l’Union européenne

À la suite du référendum, il a été annoncé que le diplomate belge Didier Seeuws serait responsable des négociations pour les futures relations du Royaume-Uni avec l’UE. Parallèlement, la Commission a monté un groupe de travail qui se penchera sur les termes détaillés du divorce pour les deux parties.

Certains diplomates pensent que le Conseil européen devrait mener les négociations, représenté soit par le président Donald Tusk, soit « par la chancelière allemande Angela Merkel ».

Néanmoins, la Commission européenne désapprouve et a demandé le soutien du service juridique pour appuyer sa position à la tête des négociations.

Malgré ce désaccord, l’exécutif ne se battra « assurément » pas pour le poste, « si le Conseil pense qu’il peut mener des négociations aussi précises », a assuré un représentant.

Une chose est sûre au sein des bureaux de la Commission européenne : il ne peut y avoir qu’un seul chef de file dans ces négociations.

Si le Conseil préside ces échanges délicats pour déterminer le futur des relations UE-Royaume-Uni, il devra également gérer la scission fondamentale entre la Grande-Bretagne et l’UE.