David Cameron veut supprimer la loi sur les droits de l’Homme

Le Parti conservateur britannique a dévoilé un programme de campagne dans lequel il propose de supprimer la loi sur les droits de l’Homme, qui oblige les tribunaux britanniques à prendre en compte les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme.

Les conservateurs britanniques ont dévoilé le 16 avril un programme de campagne pour les élections législatives du 7 mai qui fait la part belle à la question de l’appartenance de Londres à l’Union européenne et aux questions d’immigration.

Lors de l’événement de lancement du manifeste de campagne de son parti à Swindon, le 16 avril, le parti de David Cameron a réitéré son intention de réduire drastiquement la migration nette vers le Royaume-Uni. Les conservateurs avaient déjà fait cette promesse avant les élections de 2010. Selon les derniers chiffres officiels, le taux de migration nette se situe aujourd’hui à environ 300 000 personnes par an. Les conservateurs promettent de faire passer ce chiffre à quelques dizaines de milliers.

Sujet d’affrontement

Cette question est devenue un sujet d’affrontement entre les conservateurs et les membres de UKIP, le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni. Selon UKIP, la seule façon de réduire l’immigration aussi drastiquement est de sortir de l’UE.

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Les conservateurs ont également assuré qu’ils réduiraient la migration en provenance de l’UE en limitant l’accès des Européens aux aides sociales.

Le programme de campagne stipule notamment que seules les personnes ayant vécu quatre ans au Royaume-Uni pourront solliciter des crédits d’impôts et des allocations familiales. Par ailleurs un migrant doit avoir vécu dans une région pendant au moins quatre ans avant de pouvoir demander l’accès à un logement social.

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Le programme conservateur prévoit également de renvoyer chez eux les chercheurs d’emploi européens qui ne trouvent pas d’emploi dans les six mois suivant leur arrivée sur le territoire. Les « Tories » souhaitent également pouvoir expulser les criminels plus facilement et interdire l’entrée sur le territoire pendant plus longtemps aux Européens ayant abusé des règles de liberté de circulation.

Loi sur les droits de l’Homme dans le viseur

Le Parti conservateur a aussi promis de supprimer la loi sur les droits de l’Homme, qu’il considère comme le lien formel entre les tribunaux britanniques et la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Les conservateurs reprochent à la CEDH son insistance quant au droit de vote des prisonniers et les entraves à l’expulsion de terroristes présumés, comme Abu Qatada.

S’ils sont réélus, les conservateurs entendent renégocier les conditions de leur adhésion à l’UE avant 2017, date prévue pour le référendum. Ces renégociations seront probablement basées sur les éléments du manifeste de campagne.

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Les conservateurs assurent être les seuls à pouvoir « offrir un réel changement et un vrai choix en ce qui concerne l’Europe », qu’ils considèrent « trop bureaucratique et trop peu démocratique ».

Marché unique

Le programme de campagne défend l’idée d’un marché unique et du libre-échange, mais pas celle d’une « union toujours plus étroite ». Les conservateurs s’engagent en outre à ne pas former de coalition qui s’opposerait à l’organisation du référendum. Le manifeste de campagne conservateur édicte ainsi l’une des rares conditions sine qua non connues à ce stade qui influenceraient les probables négociations de formation d’une coalition.

Harriet Harman, numéro deux du Parti travailliste, a accusé les conservateurs d’« acheter des voix avec des promesses vides », ajoutant que « les travailleurs devront payer le prix de la campagne désespérée des ‘Tories’ »

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Contexte

Le parti conservateur a adopté une attitude eurosceptique il y a un certain temps déjà, mais la montée en puissance de UKIP dans les sondages récents a poussé les conservateurs à prendre des positions de plus en plus tranchées et à promettre d'organiser un référendum.

Pendant un temps, cette radicalisation anti-européenne n'avait pas semblé détourner les électeurs potentiels de UKIP, mais la popularité du parti de droite anti-UE commence à diminuer, selon les sondages les plus récents. On ne sait cependant pas encore si ces électeurs perdus se tournent à nouveau vers les conservateurs.

Les élections aboutiront probablement à un parlement de coalition.

Prochaines étapes

  • 7 mai : Élections législatives au Royaume-Uni.

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