Les élus UKIP pourraient payer cher leur bagarre au Parlement

Steven Woolfe

Steven Woolfe et Mike Hookem, les deux eurodéputés UKIP qui se sont battus au Parlement européen le 6 octobre, pourraient être suspendus de leurs fonctions et voir leurs remboursements de frais minorés.

Martin Schulz, le président du Parlement européen, a lancé une enquête sur la bagarre entre deux eurodéputés UKIP qui s’est déroulée le 6 octobre et a fini par un voyage à l’hôpital pour Steven Woolfe. Il pourrait punir les élus en les privant du bénéfice déjà controversé des 304 euros de remboursement de frais journaliers que reçoivent les eurodéputés qui se présentent au Parlement. La punition pourrait durer jusqu’à dix jours, ce qui couterait donc 3 040 euros à chaque député.

Une trentaine de minutes après l’échange de coups, Steven Woolfe a perdu connaissance et a été emmené aux urgences. Certains observateurs ont craint qu’il n’ait souffert des blessures potentiellement fatales. Des photos du favori à la direction de son parti le montrent cependant souriant dans son lit d’hôpital, aux côtés de son allié, Nigel Farage.

Martin Schulz, qui a déjà eu des différends avec UKIP dans le passé, a exigé que la commission consultative pour le code de conduite enquête sur l’altercation. Les eurodéputés de la commission s’entretiendront donc avec Steven Woolfe et Mike Hookem.

Dans tout autre lieu, une telle altercation dans un lieu public aurait suscité une enquête de police. Mais comme l’a rappelé la police de Strasbourg à EURACTIV, en l’absence de plainte, la police ne peut pénétrer dans l’enceinte du Parlement européen sans requisition judiciaire, une procédure bien spécifique. Si aucune plainte n’est déposée, le procureur de la République peut éventuellement s’auto-saisir.

Le président du Parlement attend le rapport de la commission avant de décider d’une sanction. S’il choisit de sévir, il dispose de plusieurs choix, d’un avertissement écrit ou oral à la suspension des élus, en passant par la suppression des remboursements de frais. Même si les deux députés sont suspendus, ils pourront toujours voter en séance plénière.

>> Lire : Un eurodéputé UKIP hospitalisé après une rixe au Parlement européen

« Tout d’abord, je souhaite à Steven Woolfe de se remettre rapidement », a déclaré Martin Schulz. « Les faits allégués sont extrêmement graves. Il va sans dire que les comportements violents et irrespectueux n’ont pas leur place au Parlement européen. Par conséquent, et indépendamment des suites judiciaires que cet incident pourrait avoir, j’ai décidé de référer cette affaire regrettable à la commission consultative établie par le code de conduite, qui devra s’occuper du dossier sans attendre, la semaine prochaine. »

Sajjad Karim, président de la commission et eurodéputé britannique conservateur, a assuré à EURACTIV qu’il organiserait une audience rapide et juste.

Il a ordonné que toutes les vidéos de sécurité existantes de l’altercation soient conservées, étant donné les versions contradictoires qui circulent. Il a également pressé tout témoin de la rixe à contacter le secrétariat de la commission.

De son côté, Nigel Farage qui assure l’intérim de la direction de son parti, assure avoir lancé sa propre enquête.

Au lendemain de l’incident, Steven Woolfe a tendu « la main de l’amitié » à Mike Hookem, son agresseur présumé.

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