EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

06/12/2016

Farage juge insultant de voir Verhofstadt négocier le Brexit

Royaume-Uni en Europe

Farage juge insultant de voir Verhofstadt négocier le Brexit

Guy Verhofstadt

Guy Verhofstadt a été nommé représentant du Parlement européen dans les négociations du Brexit. Une nomination que Nigel Farage a immédiatemment jugée comme « insultante ».

Le chef de file du parti ALDE au Parlement, Guy Verhoftstadt, qui vient d’être choisi pour représenter le Parlement dans les négociations du Brexit, a souvent été en conflit avec le dirigeant du parti indépendantiste du Royaume-Uni, Nigel Farage.

Celui-ci a déclaré à EurActiv qu’il « ne connait aucun homme plus insultant envers les Britanniques, [leur] position dans le monde ou même leur conception d’un État démocratique ».

« Je suis convaincu qu’avec Guy Verhofstadt, la sortie de l’UE sera bien plus rapide que ce que je pensais initialement. […] Ils n’auraient pas pu choisir un être humain plus fermé à ce nous essayons de faire », a-t-il estimé. « Il est le grand prêtre du temple européen du fédéralisme. Et les gens comme moi ne sont pas à la hauteur. »

Le responsable des négociations a été désigné lors de la Conférence des Présidents du Parlement européen.  Les eurodéputés devront, quant à eux, approuver l’accord sur les conditions de la sortie de la Grande-Bretagne du bloc.

Avant que toute négociation ne soit possible, l’article 50 du traité de l’UE doit cependant être invoqué. Guy Verhofstadt a pressé le Royaume-Uni de déclencher la clause dès que possible, mais le gouvernement britannique a estimé qu’il y a peu de chances qu’il ne le fasse avant l’année prochaine.

L’eurodéputé belge a déjà attaqué Nigel Farage par le passé, déclarant au cours d’un débat que son salaire représente le plus grand gâchis de l’UE.

Il a également qualifié le référendum du Brexit de « combat de coqs glorifié » entre le dirigeant du parti eurosceptique et l’actuel secrétaire d’État britannique, Boris Johnson.

Guy Verhofstadt, qui espère former les États-Unis d’Europe, avait été empêché de prendre le poste de président de la Commission européenne par le Royaume-Uni.

Le dirigeant du groupe conservateur et réformiste, le Britannique Syed Kamall, qui avait été en faveur d’un Brexit, avait alors insulté l’ancien Premier ministre belge en le traitant de « branleur ».

Le 8 septembre, il a estimé que « si le Parlement veut désigner un négociateur pour le Brexit, cette décision doit être prise par l’ensemble des 751 eurodéputés, et la ou les personnes qui endosseront le rôle doivent être élus par le Parlement au complet ».

« Le fait que le président et quelques hommes enfermés dans la pièce du fond puissent décider de tout et imposer leur choix aux représentants élus démocratiquement n’est pas convenable », a-t-il expliqué. « Si le Parlement estime que Guy Verhofstadt est la bonne personne pour le représenter dans les négociations, soit, mais ces magouilles faites dans l’ombre sont irrespectueuses envers les 747 autres eurodéputés et leurs électeurs. »

La nomination de l’eurdéputé belge, ainsi que le choix de Michel Barnier pour la Commission, laissent transparaître la volonté des institutions européennes de se montrer fermes face aux Britanniques.

Michel Barnier a également été affublé d’un surnom par les médias britanniques alors qu’il était commissaire aux services financiers : « le fléau de la City de Londres ».

>> Lire : Michel Barnier chargé de mener les négociations du Brexit