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07/12/2016

Berlin tance Londres sur les accords commerciaux

Royaume-Uni en Europe

Berlin tance Londres sur les accords commerciaux

Theresa May

L’Allemagne presse Londres de ne pas commencer à négocier des accords commerciaux hors UE avant de quitter officiellement l’UE. Un avertissement destiné à Theresa May, après les contacts qu’elle a pris durant le sommet du G20.

« En tant que porte-parole du gouvernement allemand, je ne suis pas en position de juger les entretiens de la Première ministre britannique », a indiqué Steffen Seibert aux journalistes, à Berlin.

Il a toutefois insisté qu’il était « clair qu’un membre de l’UE ne peut mener de négociations bilatérales sur un accord de libre-échange avec des États non-européens tant qu’il est dans l’union ».

Les Britanniques ont voté pour une sortie de l’union en juin, mais le gouvernement n’a pas encore enclenché le processus officiel, malgré les pressions d’autres États membres.

Berlin a répété que plusieurs États membres avaient décidé de ne pas commencer les négociations de sortie avec Westminster avant l’activation de l’article 50.

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La nouvelle Première ministre est cependant pressée par diverses factions au Royaume-Uni de définir rapidement à quoi ressemblera le pays post-Brexit, et l’un de ces principaux défis sera de renégocier son accès aux marchés étrangers, une compétence actuellement gérée par Bruxelles.

Theresa May a profité du sommet du G20, les 4 et 5 septembre, pour discuter de potentiels accords de libre-échange avec des représentants de pays non-européens, comme le Premier ministre australien, Malcolm Turnbull.

L’Australie aurait cependant exclu toute réelle négociation avant le Brexit. Steven Ciobo, le ministre australien au Commerce, a en effet indiqué qu’un accord ne sera pas envisagé tant que les négociations de sortie de l’UE n’auraient pas été complétées. L’Australie est l’un des pays qui devraient conclure un accord de libre-échange le plus rapidement avec le Royaume-Uni.

L’Inde, le Mexique, la Corée du Sud et Singapour ont également signalé leur volonté de lever les barrières commerciales, selon Theresa May.

>> Lire : Le Brexit refroidit les investisseurs japonais

Devant le parlement, la Première ministre a tenu à ne pas montrer toutes ses cartes de manière prématurée. « Je sais que nombre de personnes sont impatientes de voir la question avancer et de comprendre à quoi un Royaume-Uni post-Brexit ressemblera », a-t-elle reconnu. « Nous faisons ce travail important, mais nous devons avancer de sobrement et méticuleusement. »

« Nous ne prendrons pas de décision avant d’être prêts, nous ne montrerons pas nos cartes prématurément et nous ne commenterons pas en direct tous les détails des négociations », a-t-elle ajouté.

Le 8 septembre, Philip Hammond, nouveau ministre à l’Économie, a indiqué vouloir « le meilleur » pour le secteur financier britannique.

Les géants financiers voient cependant le Brexit d’un mauvais œil. La banque suisse UBS a par exemple menacé de licencier un tiers de son personnel londonien en cas de sortie de l’UE.

Lors d’un entretien pour un journal japonais, Sergio Ermotti, le PDG du groupe UBS, a indiqué que l’entreprise « compte actuellement plus de 5 000 employés à Londres, et qu’entre 20 et 30 % de ces personnes pourraient être touchés » par les décisions post-Brexit. Londres est actuellement la base arrière des opérations européennes du groupe. Sergio Ermotti estime que Londres resterait une place financière forte, même si la City devrait perdre une partie de son influence.

Autre coup dur pour l’économie britannique, Ryanair a annoncé qu’aucun de ses 50 nouveaux appareils ne serait basé au Royaume-Uni, l’entreprise estimant que « l’Europe continentale fournissait bien plus de certitude politique ».

Par ailleurs, Michael O’Leary, le PDG de Ryanair, a récemment déclaré que l’Irlande devrait « dire à l’UE d’aller se faire f***** » en ce qui concerne les 13 milliards d’euros qu’Apple devrait rembourser à Dublin, selon la Commission.