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17/01/2017

Hollande défend une ligne dure pour le Brexit

Royaume-Uni en Europe

Hollande défend une ligne dure pour le Brexit

François Hollande lors du dîner d'anniversaire des 20 ans de l'Institut Jacques Delors.

@Élysées

François Hollande met en garde contre « l’ambiguïté » permanente entourant l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE, et se positionne en faveur d’une ligne dure pour les négociations sur le Brexit.

« Le Royaume-Uni a décidé de faire un Brexit, je crois même un Brexit dur, eh bien, il faut aller jusqu’au bout de la volonté des Britanniques de sortir de l’Union européenne et pour cela nous devons faire preuve de fermeté », a insisté le président lors d’un dîner organisé par l’institut Jacques Delors à Paris.

« Si nous ne l’avons pas, nous mettrons en cause les principes mêmes de l’Union européenne », a-t-il ajouté, craignant qu’il vienne à l’esprit d’autres pays de vouloir sortir de l’UE également.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker et le principal négociateur de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, étaient aussi présents à ce diner, célébrant les 20 ans de l’Institut.

Le président français avait apparemment décidé de ne pas mâcher ses mots. « Aujourd’hui, le Royaume-Uni veut sortir sans rien payer. Ce n’est pas possible », a-t-il estimé, perdant presque patience. « Ce n’est ni dans l’intérêt de l’UE, ni dans l’intérêt du Royaume-Uni de rester dans une situation d’ambiguïté. »

L’avertissement de François Hollande survient quelques jours après que la Première ministre britannique, Theresa May, a annoncé que le Royaume-Uni déclencherait le processus de sortie de l’UE d’ici fin mars. Theresa May a aussi laissé entendre que le Royaume-Uni se dirigeait vers un Brexit radical puisqu’elle a souligné que le contrôle de l’immigration serait la priorité, avant même l’accès au marché unique.

>> Lire : Theresa May envisage un Brexit radical

Pas une autre crise, LA crise

« L’Europe a toujours été en crise, mais cette fois ce n’est pas une autre crise, c’est LA crise », a ajouté François Hollande, faisant notamment référence à la situation de l’Italie et de l’Espagne en 2012, à celle de la Grèce en 2014, à la situation désespérée des réfugiés et au dernier séisme secouant l’UE : le Brexit.

La décision du Royaume-Uni de quitter l’UE le 23 juin a déclenché des troubles sur les marchés financiers alors que les investisseurs tentaient de jauger son impact sur la cinquième plus grande économie du monde et sur l’union à 28.

Les alliés du pays craignent que sa sortie de l’UE ne représente un tournant dans les affaires internationale post Guerre froide, n’affaiblisse l’Occident face à la Chine et à la Russie, ne mine les efforts vers plus d’intégration européenne et n’affecte le libre-échange international.

Pour faire face à ces défis, François Hollande a appelé les « architectes » – les nations qui ont fondé l’UE – à « s’inquiéter » et à faire tout leur possible pour renforcer les « fondations » du bloc.

« L’Europe c’est nos valeurs, une culture, qui méritent d’être défendues fièrement et partout. Comme Jacques Delors le disait, c’est notre Europe », a-t-il conclu,