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30/09/2016

Hollande tente de rassembler l’Europe du Sud

Royaume-Uni en Europe

Hollande tente de rassembler l’Europe du Sud

Alexis Tsipras a rejoint les sociaux-démocrates européens près de Paris le 24 août

Lors d’une réunion des dirigeants sociaux-démocrates, qui en annonce une autre à Athènes le 9  septembre, le président a plaidé pour l’Europe en tant que projet de vie en commun.

Les dirigeants sociaux-démocrates se sont réunis sous une chaleur de plomb à la Celle Saint Cloud, le 25 août, dans un petit château appartenant au ministère des Affaires Etrangères.

Un lieu plutôt voué à la discrétion d’ordinaire : c’est là que les ministres aiment rencontrer leurs homologues, comme le faisait Hubert Védrine avec Joshka Fischer par exemple. Mais aussi là où sont parfois signés des accords sensibles : les accords de la Celle Saint Cloud en 1965, avaient rendu le Maroc indépendant, A l’écart des projecteurs, le lieu est également plus simple à sécuriser que la capitale.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a fait le déplacement, tout comme le Premier ministre slovaque Robert Fico, dont le pays assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l’UE. Contesté pour ses prises de position contre les réfugiés, l’homme politique slovaque a failli être exclu du parti socialiste européen. Il devait par ailleurs rencontrer le chef de l’Etat russe, Vladimir Poutine, vendredi, selon la presse russe.

Le Slovaque Robert Fico, porte-parole de Moscou auprès de l’UE

Le Premier ministre slovaque, Vladimir Fico, sera le porte-parole de la Russie lors des réunions de l’UE sur le futur du bloc.

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Les priorités déjà mises en avant lors du sommet de Ventotene, lundi, ont été rappelé par le chef de l’Etat, qui tente d’impulser un élan commun aux autres pays européens au lendemain du Brexit.

>>Lire : Un marathon diplomatique pour envisager l’après Brexit

L’Europe, une certaine idée de la vie en commun

Le chef de l’Etat s’est lancé dans un vibrant plaidoyer pour l’Europe, contre le populisme.

« L’Europe est une force qui nous permet de contrôler notre destin, mieux que nous ne pourrions le faire isolément » a insisté le président, rappelant que les pères de l’Europe avaient voulu un projet qui dépasse l’État nation pour des motifs solides.

« Ce qui est en jeu avec les populistes, c’est note idée de la vie en commun » a rappelé le président, après avoir discuté de l’après-Brexit avec ses homologues. Un point de vue d’autant plus symbolique que Marine Le Pen habite à la Celle Saint Cloud, tout près du lieu où était prononcé ce discours.

« Nous ne voulons pas être que des pays qui s’additionnent, nous voulons partager des choix. Nous pensons qu’avec l’Europe nous maitrisons notre destin. Mais cela suppose des règles, vivre en commun suppose que chacun respecte, et ce sans provocation ni stigmatisation » a insisté le chef d’État, évoquant du bout des lèvres le débat sur le burkini qui fait rage en France, mais sans trancher.

>>Le débat sur le burkini ravit l’extrême-droite européenne

Sécurité, défense, investissement et garantie jeunesse en dossiers prioritaires

Le président français a largement insisté sur l’aspect sécuritaire de l’Europe, estimant que l’Europe devait protéger ses citoyens, et se donner les capacités d’agir sur le plan diplomatique. Il a aussi évoqué la sécurité économique, assurant que les grands groupes doivent relever du droit français et européen sur le plan fiscal. Enfin le chef d’État a rappelé l’importance de l’investissement. Il milite actuellement pour une multiplication par deux du plan Juncker, ce qui supposerait de trouver les ressources adéquates. Pour l’instant, le plan Juncker a été financé en puissant dans les ressources propres de l’UE et dans des programmes existants. Un doublement risquerait de mettre en danger un budget européen déjà exsangue.

Enfin sur la jeunesse, les sociaux-démocrates ont l’intention de demander que la garantie jeunesse soit étendue et amplifiée.

Éviter l’union multi polaire

Le sommet des sociaux-démocrates s’inscrit dans une tentative de rééquilibrage des forces, notamment face à des priorités qui peuvent être différentes de celles de la France. Angela Merkel a elle aussi entamé un pèlerinage européen, et rencontré un certain nombre de dirigeants, qui se retrouvent autour de la rigueur notamment. Le groupe de Visegrad, rassemblant, représente une force centripète à l’Est : il a déjà tenté de refuser une révision de la directive sur les travailleurs détachés avec un carton jaune, et s’unit autour du refus de l’accueil des réfugiés.

Le  9 septembre, le président français participera, à Athènes, à une réunion des pays de l’Europe du Sud, pour tenter d’imposer croissance et investissement, plutôt que rigueur, à l’Europe du Nord.  Avec le Royaume-Uni, il est clair que le poids du Sud s’en sort renforcé, même si la situation politique de ces pays empêche qu’un véritable groupement d’intérêts du sud voit le jour. Entre la Grèce, l’Italie et la France qui sont très endettés, et donc dépendants du Nord, et l’Espagne qui ne parvient pas à former un gouvernement depuis plus de 6 mois, l’union du Sud ne pèse pas encore bien lourd.