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02/12/2016

Les institutions européennes se préparent au Brexit

Royaume-Uni en Europe

Les institutions européennes se préparent au Brexit

"Aujourd'hui il fait beau, mais demain il y aura un orage", a confié Martin Schulz le 22 juin.

En cas de Brexit, le collège des commissaires se réunira le 26 juin, et le Parlement européen organisera une séance plénière extraordinaire le 28 juin.

Alors que les bureaux de vote britanniques ont ouvert ce mati, les institutions européennes ont accéléré leurs préparations pour l’après-référendum.

Martin Schulz, le président du Parlement européen, a prévenu les eurodéputés du S&D qu’ils devraient se préparer à une séance plénière extraordinaire en cas de victoire du camp eurosceptique.

>> Lire notre direct: Brexit or no Brexit

Les eurodéputés souhaitent en effet débattre de la question avant l’arrivée à Bruxelles des dirigeants européens, dont une réunion est prévue le 28 après midi. La majorité des groupes politiques représentés au Parlement soutiennent cette initiative.

Le 20 juin, le groupe des Verts a envoyé une lettre pressant Martin Schultz d’organiser une réunion plénière de toute urgence. Les Verts estimaient que ce débat devrait avoir lieu entre le référendum et la réunion du Conseil. Si une séance plénière n’était pas possible, ils appelaient « au moins » à une conférence des cinq présidents, le plus haut organe de l’institution.

« La chambre de représentation directement élue du Parlement européen devrait avoir voix au chapitre et jouer un rôle actif et important », estiment les Verts.

>>Lire: Le Parlement prévoit une session extraordinaire en cas de Brexit

Le Parti populaire européen, de centre-droit, le plus grand groupe au Parlement, a déclaré ne vouloir organiser de discussion que dans le cas d’une victoire du camp Leave. Le PPE estime par ailleurs « très important » d’honorer l’accord conclu entre le Royaume-Uni et le reste de l’UE au mois de février assez rapidement. Cela signifie que le Parlement ne devrait pas bloquer l’application du « statut spécial » qu’a négocié le Premier ministre, David Cameron.

Les présidents des cinq groupes les plus importants se réuniront le 24 juin à 8 heures pour décider de la suite des événements.

>> Lire : Cameron arrache un accord sur l’adhésion du Royaume-Uni

Les institutions collaborent

Les institutions européennes sont en contact pour coordonner leur réaction au referendum britannique. Martin Schulz a ainsi rencontré Jean-Claude Juncker la veille du scrutin, afin de formuler des positions possibles.

Un porte-parole de la Commission a confirmé à EurActiv que l’exécutif était « prêt aux deux scénarios » et souligné qu’il y aurait des « étapes claires » à suivre. L’article 50 du traité indique en effet la procédure à suivre en cas de Brexit. Dans le cas contraire, la Commission devra préparer une proposition de loi pour officialiser l’accord obtenu en février par David Cameron.

La réunion du collège des commissaires prévue pour le 26 juin n’aura lieu « qu’en cas de besoin » si les britanniques votent pour sortir de l’union, précise la Commission.

La BCE parée à toute éventualité

Jean-Claude Juncker est par ailleurs en contact avec Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE). Les Banques centrales du monde entier sont également préparées à agir pour éviter que la panique s’empare des places boursières après le vote.

Si Jean-Claude Juncker et Mario Draghi se sont rapprochés autour de leur objectif commun d’approfondissement de la zone euro, l’intégration économique et monétaire devrait être mise en suspens quel que soit l’issue du référendum.

Le président de la BCE a informé la commission parlementaire chargée des affaires économiques et monétaires que l’institution était « prête à toutes les éventualités ». En cas de Brexit, sa priorité sera de stabiliser les marchés et de fournir des liquidités, afin d’éviter des troubles financiers importants et la panique des épargnants.

>> Lire : La BCE prête à tout en cas de Brexit

Le camp pro-européen a repris le dessus dans les sondages ce week-end, notamment après l’assassinat de la députée travailliste Jo Cox, pro-UE, par un extrémiste nationaliste.

Martin Schulz a rendu hommage à l’élue à l’ouverture de la mini-séance plénière du 22 juin. « Il s’agit d’une attaque contre nous tous, contre la dignité humaine et le respect », a-t-il souligné.

>> Lire : Les pro-européens reprennent l’avantage après la mort de Jo Cox

Prochaines étapes