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04/12/2016

Juncker estime que le Brexit ne tuera pas l’UE

Royaume-Uni en Europe

Juncker estime que le Brexit ne tuera pas l’UE

Juncker : « Le Brexit ne serait pas la mort de l’UE ». [Commission européenne]

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, estime que l’UE survivrait à un Brexit.

« Je ne pense pas que l’Union européenne serait en danger de mort si le Royaume-Uni en sortait, nous continuerions le processus d’union toujours plus étroite, même si nous n’approfondissons pas nos liens, et surtout nous réaliserions l’union économique et monétaire », a déclaré le président de la Commission le 16 juin, lors d’une conférence à Saint Pétersbourg, en Russie.

En déplacement en Finlande, Donald Tusk, le président du Conseil, a pour sa part estimé que l’UE serait « significativement plus faible » dans le Royaume-Uni et admis qu’il était « très difficile d’être optimiste étant donné les derniers sondages ».

« L’UE survivra, je n’en doute pas, mais une victoire du camp du Brexit serait une lourde erreur, pour nous et pour eux. […] Je peux vous assurer que nous serons prêts », a-t-il affirmé, indiquant que les États membres discutaient discrètement entre eux de la marche à suivre si les Britanniques rejettaient l’UE.

>> Lire notre direct : Brexit or no Brexit ?

« Je pense que nos amis britanniques ne devraient pas [voter pour une sortie de l’UE] », a conseillé Jean-Claude Juncker. « Un Brexit ouvrirait une période de grande incertitude, à la fois pour le Royaume-Uni, pour l’Union européenne et au niveau mondial, et ce scénario devrait être évité. »

« Nous sommes confrontés à assez de crises, nous n’avons pas besoin d’en ajouter encore une », a-t-il également fait remarquer, en référence à la crise migratoire et aux difficultés de l’Europe dans le domaine de la croissance.

Des leçons à tirer

Jean-Claude Juncker a estimé que l’UE et la Commission européenne avaient des leçons à tirer du référendum britannique et rappelé que l’euroscepticisme était loin d’être une spécialité d’outre-manche. Il a accusé l’ancienne Commission, menée par José Manuel Barroso, d’avoir « surréglementé » et créé l’image d’une légion de bureaucrates interférant avec les affaires internes depuis Bruxelles.

>> Lire : Brexit : ce que la campagne britannique dit de l’état de l’UE

« Cet euroscepticisme n’est pas uniquement présent en Grande-Bretagne. Je pense que l’Union européenne et la Commission européenne ont fait de lourdes erreurs ces dernières décennies », a-t-il continué, arguant que la Commission actuelle s’efforçait de réduire ces lourdeurs administratives et avait formulé beaucoup moins d’actes législatifs que les précédentes.

« Tous les problèmes existant au sein de l’Union européenne ne sont pas des problèmes que l’Union européenne doit résoudre », a-t-il souligné. « Si nous faisons moins, et mieux, les citoyens comprendrons que l’Union européenne est la seule réponse dont dispose notre continent face aux défis de la mondialisation. »

>> Lire : Après la crainte du Brexit, la France redoute le statu quo

L’Europe des jours pluvieux

« L’Union européenne n’est pas, et ne peut pas être, un projet des beaux jours », a renchéri Donel Tusk à Helsinki. « Elle est également faite pour les jours pluvieux, comme aujourd’hui, et nous le prouvons grâce à nos efforts communs pour résoudre nos problèmes communs, l’un après l’autre, ensemble. »

« L’Histoire nous a appris que nous sommes toujours vaincus quand nous sommes divisés. C’est évident, tout comme il est évident que le Royaume-Uni sera considérablement affaibli s’il quitte l’UE », a-t-il poursuivi, assurant que l’influence britannique dans l’UE n’avait jamais été aussi forte et que le pays était à présent l’un des membres clé et respecté de l’organisation. « Aujourd’hui plus que jamais les idées britanniques sur l’UE sont soutenues partout en Europe. […] En sortir maintenant n’a pas de sens. »

 

 

Prochaines étapes

  • 23 juin : Référendum britannique sur l'Europe.
  • 28-29 juin : Sommet européen.