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06/12/2016

Londres veut maintenir la libre-circulation avec l’Irlande

Royaume-Uni en Europe

Londres veut maintenir la libre-circulation avec l’Irlande

Enda Kenny avec jean-Claude Juncker.

Le Premier ministre irlandais a tenté de rassurer ses compatriotes sur l’impact du Brexit sur le processus de paix en Irlande du Nord, assurant  que Londres se battrait pour conserver la libre-circulation sur l’île.

Enda Kenny, le Taoiseach – ou Premier ministre – irlandais a expliqué aux journalistes que David Cameron lui avait assuré qu’il ferait tout son possible pour que la sortie du Royaume-Uni de l’UE ne perturbe pas les relations entre l’Irlande du Nord, la république d’Irlande et la Grande-Bretagne.

« Il est très clair : il fera tout ce qu’il peut pour protéger la zone de circulation commune et la situation de la frontière nord-irlandaise, étant donné le processus de paix », a assuré le Taoiseach. « La zone de circulation est en place depuis 1922 et l’UE elle-même est impliquée dans le processus de paix. »

Cette zone permet la libre-circulation entre l’Irlande et le Royaume-Uni, indépendamment des règles européennes. Les activistes qui ont fait campagne pour le Brexit estiment que la sortie de l’union et de l’espace de libre-circulation, freinera l’immigration.

Lors du référendum du 23 juin, 56 % des électeurs nord-irlandais ont voté contre le Brexit. Des sources au sein du gouvernement irlandais se sont inquiétées des conséquences du Brexit sur la frontière terrestre avec le Royaume-Uni.

Le 24 juin, Martin McGuinness, Premier ministre d’Irlande du Nord et membre du parti républicain Sinn Fein, s’est déclaré en faveur d’un référendum sur la réunification de la nation avec la république d’Irlande.

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Enda Kenny a pour sa part qualifié les relations de son pays avec Londres de « plus étroites que jamais auparavant » et rappelé que l’exclusion du Royaume-Uni du marché unique aurait de graves conséquences sur le commerce avec l’Irlande.

« Nous ne voulons pas perdre certains de nos intérêts nationaux essentiels, et comptons les protéger », a-t-il affirmé.

Il a refusé de commenter la possibilité de voir les banques et entreprises basées au Royaume-Uni déménager vers d’autres pays européens, assurant que « les entreprises, investisseurs et banques ont des décisions à prendre, mais aujourd’hui la Grande-Bretagne fait toujours partie des 28 ».

En Irlande, d’autres observateurs ont estimé que le Brexit pourrait représenter une manne financière pour l’économie irlandaise.  Martin Shanahan, qui dirige l’agence irlandaise des investissements étrangers, a ainsi indiqué à EurActiv que la sortie du Royaume-Uni de l’UE « conduirait probablement à une augmentation des investissements en Irlande ». À 12,5 %, le taux d’imposition des entreprises y est le plus bas d’Europe.

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L’agence de Martin Shanahan a commencé à préparer sa stratégie en cas de Brexit il y a plusieurs mois. Selon ces spécialistes, les entreprises actuellement installées en Grande-Bretagne et opérant dans les secteurs technologique, pharmaceutique et bancaire pourraient se délocaliser vers l’Irlande, qui abrite déjà les sièges européens de géants américains comme Apple, Facebook ou Google.

En ce qui concerne un possible abaissement de l’impôt sur les sociétés au Royaume-Uni après le Brexit, Martin Shanahan est sûr de lui : « je n’ai aucun doute sur la compétitivité de l’Irlande au niveau international ».

Le ministre britannique des Finances, George Osborne, a en effet annoncé que l’impôt des entreprises serait abaissé à 17 % d’ici 2020. Il a cependant nuancé cette tendance en indiquant qu’une fois le pays hors de l’UE, les taxes ne feraient probablement qu’augmenter.

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