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24/07/2016

L’Autriche veut bannir le nucléaire du plan Juncker

Royaume-Uni en Europe

L’Autriche veut bannir le nucléaire du plan Juncker

Réacteur nucléaire de Sizewell, Royaume-Uni.

[Ted and Jen/Flickr]

Werner Faymann, le premier ministre autrichien, veut s’opposer à la présence de projets liés à l’énergie nucléaire dans le plan Juncker.

Plusieurs projets liés au nucléaire, dont la centrale de Hinkley Point, figurent dans la liste de projets britanniques candidats aux investissements du plan Juncker. 2 000 projets ont été proposés par les États membres et pourraient ainsi bénéficier de financements dans le cadre du plan d’investissement Juncker, qui s’élève à 315 milliards d’euros.

>> Lire : 2000 projets en lice pour profiter du plan Juncker

« Nous éprouvons le besoin de faire remarquer que la contribution de l’Autriche [au plan Juncker] n’alimentera pas l’industrie nucléaire », déclarait le 17 décembre la ministre autrichienne de l’environnement, Andrä Rupprechter, selon l’agence de presse autrichienne (APA).

La ministre a reconnu que la position de l’Autriche sur le nucléaire n’était pas partagée par la majorité des États membres, mais que l’Allemagne, le Luxembourg et la Suède étaient tout aussi réticents.

« Nous ne nous opposons pas aux projets qui visent l’amélioration de la sécurité des centrales existantes, mais à la construction ou à l’achèvement de nouveaux projets », ajoute-t-elle.

En octobre, la Commission européenne a approuvé le financement du projet qui permettra de construire le réacteur de Hinkley, entre autres, dans le cadre de la renaissance nucléaire britannique. L’énergie atomique est un volet clé de la stratégie énergétique de l’avenir du Royaume-Uni.

Au moment de l’élaboration de cette stratégie, le commissaire à la politique régionale, qui était alors l’Autrichien Johannes Hahn, s’était déjà opposé au projet.

L’Autriche avait en outre menacé de lancer des procédures judiciaires afin de stopper le projet.

>> Lire : L’affaire des drones souligne la vulnérabilité du nucléaire

Contexte

S'il était construit, Hinkley serait le premier réacteur nucléaire britannique depuis Sizewell B, en 1995. Il faudrait 10 ans pour construire le réacteur, et son contrat d'exploitation est prévu pour 35 ans, ce qui projette les coûts de cette structure et ses implications en termes de politique dans un avenir lointain.

Le Français EDF fait partie de l'opération : un contrat avec le Royaume-Uni lui garantit l'accès à l'électricité produite par Hinkley au prix de 117,15 euros par mégawatt-heure pour les 35 années de vie de la centrale.

Cela représente le double du prix actuel de l'électricité. Une augmentation qui se répercutera dans les factures d'énergie des foyers.

Prochaines étapes

  • 18 décembre : Réunion des chefs d'État et de gouvernement à Bruxelles.