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26/08/2016

L’Écosse interdit la fracturation hydraulique

Royaume-Uni en Europe

L’Écosse interdit la fracturation hydraulique

Les campagnes anti-gaz de schiste ont abouti en Écosse.

[greensefa/Flickr]

L’Écosse a imposé un moratoire sur les permis d’exploration pour le gaz de schiste, peu après que le Parlement de Westminster se soit opposé à une interdiction nationale. 

Le Parlement écossais organisera une consultation publique et une enquête sur les conséquences de l’extraction de gaz de schiste par fracturation hydraulique sur la santé publique avant d’en autoriser l’exploration.

Cette décision a été annoncée par Fergus Ewing, ministre écossais de l’Énergie, issu du Parti national écossais pro-européen. Le parti travailliste a également soutenu le moratoire, estimant ne pas avoir les garanties nécessaires pour autoriser la fracturation hydraulique. 

Opposition 

Une position radicalement opposée à celle du gouvernement britannique, qui cherche à créer des conditions favorables à l’exploitation de ces hydrocarbures non-conventionnels. Le Premier ministre, David Cameron, a en effet annoncé cette semaine qu’il « ferait tout pour le gaz de schiste », ajoutant que son exploitation contribuerait à l’amélioration de la sécurité énergétique, à la baisse des prix et à la lutte contre le changement climatique.

Le 26 janvier, le Parlement de Westminster a d’ailleurs rejeté à une large majorité une proposition de moratoire national sur l’exploitation du gaz de schiste au Royaume-Uni. Certaines conditions d’extractions ont toutefois été renforcées et les forages interdit dans les parcs nationaux. 

Les ressources en gaz de schiste écossaises sont estimées à 80 000 milliards de mètres cubes, assez que pour couvrir les besoins en gaz du Royaume-Uni pendant plus de 30 ans.

Selon la Feuille de route pour l’énergie à l’horizon 2050 de la Commission européenne, le gaz est un combustible « essentiel » à l’effort de réduction des émissions de CO2. Son extraction est néanmoins très réglementée au niveau européen.

Réaction des conservateurs

Ian Duncan, eurodéputé conservateur, a réagi avec colère à l’annonce de cette interdiction, accusant le gouvernement écossais de jouer avec le feu, au détriment de l’emploi en Écosse.

« Le gouvernement écossais possède déjà un certain volume d’informations sur la sûreté et le succès des méthodes d’extraction », estime-t-il. « À une période si stratégique pour l’emploi en mer du Nord, il me semble irrationnel de ne pas exploiter les opportunités offertes par les huiles et gaz non conventionnels. »

>> Lire : L’exploitation du gaz de schiste pourrait créer 60 000 emplois au Royaume-Uni

L’association des Amis de la Terre Écosse a pour son compte déclaré que cette interdiction « témoignait de la persévérance des personnes et des communautés du pays qui luttent contre cette industrie sans répit depuis plusieurs années. »

« Exploiter de nouveaux combustibles fossiles est la dernière chose dont nous ayons besoin étant donné les récentes mises en garde urgentes émanant des spécialistes du climat. Ce n’est pas non plus une mesure responsable de la part d’un pays qui tente d’atteindre ses objectifs [en matière de climat] » conclut la déclaration de l’association.

>> Lire : Le gaz de schiste ne révolutionnera pas l’énergie en Europe

Contexte

Le gaz de schiste est un gaz naturel piégé sous une couche de roche dure à grain fin, le schiste. On estime à 639 mille milliards de mètres cubes les réserves de gaz de schiste en Europe.

>> Lire : La France continue de résister au gaz de schiste alors que l'Europe l'adopte

L'exploration pour le gaz de schiste est cependant très controversée. Pour ses détracteurs, les méthodes d'extraction de ce gaz, connues sous le nom de  fracturation hydraulique, libèrent des substances chimiques toxiques qui se retrouvent dans les réserves d'eau potable et menacent donc la zone d'extraction.

Au Royaume-Uni, l'exploitation du gaz de schiuste n'a pas encore débuté. 

>> Lire : Les subventions au gaz de schiste pourraient contrevenir à la législation européenne