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26/08/2016

Le Brexit commence à séduire le patronat britannique

Royaume-Uni en Europe

Le Brexit commence à séduire le patronat britannique

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[MattTempest/Flickr]

Le soutien des grandes entreprises britanniques au maintien du Royaume-Uni dans l’UE reste majoritaire, mais a baissé au cours des six derniers mois, selon une étude publiée lundi par le cabinet Deloitte.

D’après ce sondage, 62 % des directeurs financiers des 137 groupes interrogés jugent qu’il est dans l’intérêt des entreprises britanniques que le Royaume-Uni reste au sein de l’Union européenne. Ce soutien était de 74 % il y a six mois.

Quelque 28 % estiment que leur avis dépendra d’éventuelles concessions que le Premier ministre conservateur David Cameron obtiendra lors du Conseil européen de février prochain. Environ 6 % jugent qu’il est dans l’intérêt des entreprises que le pays quitte l’UE et 4 % se disent indécis.

Les entreprises, qui s’inquiètent de se retrouver hors du marché unique de libre-échange, ont jusqu’ici soutenu pleinement la campagne en faveur de l’UE. Outre les échanges commerciaux, un Brexit empêcherait Londres de rester une capitale financière incontournable sur la scène mondiale.

>> Lire : Le Brexit exclurait Londres des accords commerciaux internationaux

L’auteur de l’étude, Ian Stewart, a expliqué que la baisse relative du soutien des grandes entreprises à l’appartenance européenne reflétait « un plus grand scepticisme de la part du public britannique lors du second semestre 2015 ».

>> Lire : Cameron évoque un référendum en 2016

La question de Deloitte a été soumise dans le cadre d’une enquête périodique auprès des directeurs financiers de 24 entreprises intégrées à l’indice vedette FTSE 100, de 62 entreprises de l’indice du deuxième tableau FTSE 250 et d’entreprises non cotées ainsi que de filiales britanniques d’entreprises cotées à l’étranger.

D’après un sondage distinct effectué par le quotidien Financial Times auprès de 100 économistes, aucun d’entre eux ne pense qu’une sortie de l’UE serait profitable à la croissance britannique.

>> Lire : Le Brexit priverait le Royaume-Uni de 14 % de son PIB

Les trois quarts des économistes sondés prévoient au contraire des conséquences délétères pour l’économie britannique d’un éventuel Brexit.

>> Lire : Ce que Cameron demande pour défendre le non au Brexit

Contexte

Le Premier ministre britannique, David Cameron a promis de renégocier les relations de son pays avec l'Union européenne. La renégociation sera donc suivie d'un référendum d'ici fin 2017, pour décider si, oui ou non, le Royaume-Uni reste dans l'UE.

S'il obtient les réformes souhaitées, David Cameron fera campagne pour rester dans l'UE. Dans le cas contraire, les conservateurs appelleront à une sortie de l'UE. Cette décision aurait de lourdes conséquences pour le commerce, l'investissement et la position de la Grande-Bretagne sur la scène internationale.

Certains États membres sont prêts à écouter les inquiétudes de David Cameron sur certains sujets comme l'immigration, et à faire des petites concessions pour que la Grande-Bretagne reste dans l'Union.

Néanmoins, les dirigeants européens ont écarté toute possibilité de changer les principes fondamentaux de l'UE, tels que la libre circulation des travailleurs et l'interdiction de la discrimination entre les travailleurs de différents pays de l'UE.

>> Lire : La victoire de Jeremy Corbyn renforce le camp du « Brexit »

Prochaines étapes

  • Février 2016 : Prochain sommet européen. La question des réformes souhaitées par Londres devrait y être réglée.
  • 2016 : David Cameron, le Premier ministre britannique, s'est engagé à organiser un référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE
  • Printemps 2017 : Élections en France et en Allemagne
  • Fin 2017 : Date limite pour le référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE, promis par David Cameron