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06/12/2016

Le Brexit exacerbe les craintes sur l’avenir du système de santé

Royaume-Uni en Europe

Le Brexit exacerbe les craintes sur l’avenir du système de santé

[David Holt]

Le sujet de la santé publique, auquel les Britanniques sont très sensibles, est un axe majeur de la campagne sur le référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Un article de notre partenaire La Tribune.

Rapidement, la campagne sur le référendum britannique d’aujourd’hui s’est intéressée aux conséquences d’un Brexit sur le service public de santé (National health service, NHS), un thème au centre des préoccupations de la population britannique. Dans un sondage de janvier 2015, quatre mois avant les élections générales, les Britanniques estimaient que la NHS était une priorité, devant l’économie ou l’emploi. Pour les pro-Brexit, une sortie de l’Union européenne permettrait au système de santé britannique (NHS) en difficulté de récupérer des milliards de livres. Les anti-Brexit estiment que cela entraînerait au contraire de graves surcoûts.

En avril 2016, deux des principaux porte-parole du camp pro-brexit, Boris Johnson, ancien maire de Londres, et Michael Gove, ministre de la Justice du gouvernement britannique, ont insisté sur les milliards de livres alloués à l’Europe et « payés par les contribuables britanniques » qui pourraient être injectés dans la NHS. Ils en ont même fait un de leurs slogans de campagne : « 350 millions de livres (455 millions d’euros, NDLR) envoyés à l’Union européenne chaque semaine… Utilisons plutôt ces fonds pour financer la NHS. » Un chiffre basé sur un rapport du ministère de l’économie et des finances britannique.

Mais les estimations d’experts et de médias oscillaient entre 100 et 136 millions de livres poussant les pro-Brexit à revoir leurs chiffres à la baisse, promettant début juin d’injecter 100 millions de livres par semaine dans la NHS d’ici à 2020 si le Royaume-Uni quitte l’Union européenne.

Des pertes financières pour la NHS en cas de Brexit, selon Cameron

Les anti-Brexit, dont la campagne s’est un peu moins focalisée sur le National Health Service, d’après The Independent, ont quant à eux jugé qu’une sortie du Royaume-Uni entrainerait au contraire des pertes de financement pour le système de santé britannique, en raison du « choc économique ». Ils se sont appuyés sur les nombreuses études évoquant des pertes financières pour le Royaume-Uni en cas de Brexit ou les inquiétudes du FMI, sans s’entendre sur un chiffre précis. Simon Stevens, dirigeant de la NHS, a lui-même estimé qu’un Brexit pouvait mettre à mal son institution, estimant même une sortie « très dangereuse ». « La fortune de la NHS est liée à celle de l’économie », a renchéri David Cameron.

>> Lire : Le Brexit menacerait le système de santé britannique

Menant une campagne zélée pour le maintien du Royaume-Uni, son ministre des Finances, George Osborne est allé plus loin. il a publié un scénario catastrophe : en cas de Brexit, la NHS serait touchée par des coupes budgétaires.

Enfin, autre argument des pro-« Remain » (maintien, en anglais), 130 000 travailleurs rattachés au système de santé britannique connaîtraient une situation incertaine en raison du statut de leur visa..

La pérennité du système de santé britannique est menacée

S’il est difficile de prévoir les conséquences réelles du Brexit sur la NHS, une chose est sûre. Les deux camps misent sur l’inquiétude que suscitent les profondes difficultés économiques de la NHS. En 2014, The Guardian titrait « la NHS est en crise financière en raison de la hausse de la demande et des coupes budgétaires », une double pression susceptible de faire grimper le déficit du système de santé britannique à 30 milliards de livres d’ici à 2020.

Mais après plusieurs années de coupes budgétaires, un retournement de situation se profile. George Osborne a promis une injection de 8 milliards de livres supplémentaires dans le budget de la NHS en 5 ans. Une somme minimale pour assurer la survie du système, selon Simon Stevens. Mais pour Heidi Alexander, secrétaire d’État à la santé, anti-Brexit et travailliste, « le système de santé britannique va demander beaucoup plus d’argent que ce que le gouvernement s’apprête à dépenser ».

À noter que le Royaume-Uni consacre 9,1 % de son PIB à la santé. Un taux bien plus faible que celui de ses voisins européens.

Le Royaume-Uni, dépendant de ses travailleurs non britanniques dans la santé

Enfin l’argument des pro-Brexit sur la question du visa des travailleurs peut également avoir un fort impact sur l’opinion. Car le NHS ne peut pas fonctionner correctement sans les travailleurs étrangers, expliquait le British Medical Association (BMA), notamment pour certains corps de métiers.

Un quart des docteurs sont non britanniques, par exemple. Au total environ 11 % des travailleurs rattachés au NHS sont étrangers (sur 1,3 million), selon une étude de 2014. À noter que parmi ces travailleurs de la santé non britanniques, beaucoup ne sont pas Européens et viennent d’Inde et des Philippines notamment.

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