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17/01/2017

Le Brexit inquiète les Européens travaillant en Grande-Bretagne

Royaume-Uni en Europe

Le Brexit inquiète les Européens travaillant en Grande-Bretagne

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Crédit : [shutterstock/kostasgr]

Les ressortissants européens installés au Royaume-Uni s’interrogent sur leur statut avant l’organisation du referendum sur le Brexit. Les Britanniques s’inquiètent aussi, notamment ceux qui utilisent le système de santé français.

Du permis de travail, au paiement des retraites en passant par les taxes, de grands changements pourraient intervenir en Grande Bretagne, en cas de Brexit, pour les ressortissants britanniques sur le continent et les Européens installés outre-Manche. Tous s’inquiètent des conséquences d’une victoire du non au référendum de 2016.

>> Lire : Ce que Cameron demande pour défendre le non au Brexit

Ils sont ainsi des milliers à demander un passeport leur conférant la double nationalité, selon une consultation publique organisée par le Guardian. Après analyse des 1.200 réponses de citoyens européens, le journal conclut que la plupart sont en cours de changement de citoyenneté ou pensent le faire. Sans cette double nationalité, beaucoup craignent que le vote pour la sortie de l’Europe rende leur vie difficile.

Les Européens ne veulent pas perdre leurs droits

Dans le pays, les Européens venus du continent représentent 4 % de la population, soit la moitié des migrants. « Le pire c’est l’incertitude » explique Stéphanie Zihms, au Guardian. Cette Allemande s’est installée à Edimbourg, après ses études post-doctorales.

« Tout le monde parle du Brexit en terme économiques ou politiques, personne ne considère ce que cela signifierait pour tant de monde. Ma vie est ici maintenant. Aurais-je besoin d’un visa pour voir ma famille ? Un nombre minimum de points pour travailler ? Personne ne peut le dire. », raconte-t-elle.

Les inquiétudes sont multiples : la perte du passage rapide à la douane, le retour du permis de travail, la fin des accords avec les services de santé publique, une restriction plus grande sur les études et le travail, une possible hausse de la taxe sur les propriétés détenues par des étrangers, les transferts d’argents entre Etats membres, et enfin, la gestion des retraites.

Une éventuelle sortie de l’Europe et l’annulation de tous les règlements et lois adoptés, prendrait des années de négociations. Mais, les 2,4 millions de citoyens européens vivant en Grande Bretagne ne veulent pas s’en remettre à la chance. Les naturalisations ont augmenté de manière conséquente ces dernières années de 10.000 en 2009 à 18.000 en 2013.

Une nationalité qui coûte cher

Comparé aux autres états européens, acquérir la citoyenneté britannique coûte cher, la demande coûte 1 284,13 euros (913 livres) et la naturalisation 1 413,67 euros (1 005 livres). Fabriozio Fazzini, une ingénieur électrique originaire de Sicile qui vit avec sa famille depuis septembre 2010 dans le pays, a déjà passé le test « Life in the UK ». Cet examen est indispensable pour obtenir la nationalité, qu’il pourra demander en fin d’année prochaine. Pour lui et sa famille, il a payé plus de 4 923,24 euros (3 500 livres), précise-t-il au Guardian.

« Je ne pense pas qu’il y a un risque d’être expulsé, c’est au cas où. Mais je vois des collègues indiens et venant de pays n’appartenant pas à l’UE,  avec quelles difficultés ils obtiennent ou renouvellent leur visa…Je ne veux pas qu’on ait à la faire. Nous sommes bien ici. Je compte les jours jusqu’à l’obtention de nos quatre passeports flambants neufs ».

Les Britanniques sur le Continent voudraient voter, comme les autres

Les ressortissants de l’Union européenne ne sont pas les seuls à s’inquiéter. Wendy Joint, retraitée des services publics, fait partie des 2 millions de Britanniques installés sur le Continent. Le vote remet en cause son appartenance au système de santé français, explique-t-elle au Guardian.

>> Lire : Le référendum sur le « Brexit » pourrait se tenir en juin 2016

« Cela dépend, des accords avec l’Union Européenne. Si la Grande-Bretagne sort, elle devra négocier des accords réciproques avec la France et les autres pays européens, concernant la couverture médicale des citoyens britanniques….C’est une incertitude », explique Wendy Joint.

Presque tous ceux qui vivent hors de Grande Bretagne depuis plus 15 ans expriment une colère silencieuse, face à l’interdiction de voter pour un référendum qui aura des conséquences directes sur leurs vies. En Espagne, Georgina Hodgson résume, au Guardian, les problèmes personnels de nombreux migrants : « Ma vie entière est en Espagne depuis que j’ai déménagé ici à 18 ans. J’ai une carrière, une maison et un partenaire avec qui je veux rester. J’adore voyager à travers l’Europe sans visa. Si la Grande-Bretagne quittait l’Union européenne ça serait un désastre. »

Cet article a initialement été publié sur le site de la Tribune