EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

28/09/2016

Le Brexit pénaliserait la Belgique, l’Allemagne et la France

Royaume-Uni en Europe

Le Brexit pénaliserait la Belgique, l’Allemagne et la France

Un Brexit pourrait avoir de graves conséquences économiques sur d'autres pays de l'UE, comme la Belgique, l'Irlande, les Pays-Bas, la France et l'Allemagne.

@Jaqui

Un Brexit plongerait le Royaume-Uni dans la récession dès 2019 et pénaliserait principalement des pays comme la Belgique, l’Allemagne ou la France, selon Euler Hermès.

En cas de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, la Belgique, l’Irlande et les Pays-Bas seraient les trois pays les plus exposés, suivis dans l’ordre par l’Allemagne, la France et les États-Unis, prévient l’assureur-crédit Euler Hermes dans cette étude consacrée aux conséquences d’un « Brexit ».

Les trois premiers subiraient « un impact particulièrement significatif […] du fait de leurs exportations et de leurs investissements croisés avec le Royaume-Uni », avec une hausse de défaillances d’entreprises affectant leur dynamique de croissance des défaillances d’entreprises de +1,5 à 2,5 points.

Pour sa part, l’Allemagne « serait aussi considérablement affectée, perdant au total 6,8 milliards d’euros d’exportations de marchandises, dont 2 milliards pour le secteur automobile », révèle l’étude.

>> Lire : Le PIB du Royaume-Uni serait moins élevé de 6% en cas de Brexit

Pour la France, les pertes atteindraient 3,2 milliards d’euros. Un Brexit « serait particulièrement préjudiciable aux exportations en chimie (-0,52 milliard), en machines et équipements (-0,48 milliard) et en agroalimentaire (-0,39 milliard) », a estimé Ana Boata, économiste Europe d’Euler Hermes, citée dans l’étude.

S’exprimant devant des journalistes étrangers à Berlin, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a prédit « des dommages considérables pour l’Allemagne et aussi pour l’Europe » en cas de Brexit, « mais les conséquences les plus graves seraient pour le Royaume-Uni ».

Ludovic Subran, chef-économiste d’Euler Hermes, est convaincu que le pays « entrerait en récession dès 2019 ».

Un Brexit « provoquerait un recul considérable de son PIB et une forte dépréciation de la livre sterling, dégradant les chiffres d’affaires et les marges des entreprises britanniques », a-t-il prévenu.

>> Lire : L’OCDE met en garde les britanniques contre le cout économique du Brexit

En cas de sortie de l’Union européenne (UE), le PIB du Royaume-Uni « reculerait de 4,3 points d’ici 2019 et 1.700 cas de défaillances d’entreprises supplémentaires seraient recensés », prévient l’assureur-crédit, qui estime à 30 milliards d’euros les pertes à l’export pour le pays, « soit 8 % du total de ses exportations ».

« Il faudrait au moins 10 ans au Royaume-Uni pour combler ce vide », assure l’étude.

Si Londres parvient à négocier un accord de libre-échange avec Bruxelles après le Brexit, la croissance subirait un impact plus modéré, mais qui atteindrait tout de même 2,8 %.

« Même si un nouvel accord de libre-échange avec l’UE est signé, la hausse des coûts de financement, le désinvestissement et la chute des exportations contribueront à l’apparition d’un climat d’affaires tendu au Royaume-Uni », assure M. Subran.

Les Britanniques vont décider par référendum le 23 juin si leur pays restera ou non membre de l’UE.