Le Brexit pénaliserait la Belgique, l’Allemagne et la France

Un Brexit pourrait avoir de graves conséquences économiques sur d'autres pays de l'UE, comme la Belgique, l'Irlande, les Pays-Bas, la France et l'Allemagne. [@Jaqui]

Un Brexit plongerait le Royaume-Uni dans la récession dès 2019 et pénaliserait principalement des pays comme la Belgique, l’Allemagne ou la France, selon Euler Hermès.

En cas de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, la Belgique, l’Irlande et les Pays-Bas seraient les trois pays les plus exposés, suivis dans l’ordre par l’Allemagne, la France et les États-Unis, prévient l’assureur-crédit Euler Hermes dans cette étude consacrée aux conséquences d’un « Brexit ».

Les trois premiers subiraient « un impact particulièrement significatif […] du fait de leurs exportations et de leurs investissements croisés avec le Royaume-Uni », avec une hausse de défaillances d’entreprises affectant leur dynamique de croissance des défaillances d’entreprises de +1,5 à 2,5 points.

Pour sa part, l’Allemagne « serait aussi considérablement affectée, perdant au total 6,8 milliards d’euros d’exportations de marchandises, dont 2 milliards pour le secteur automobile », révèle l’étude.

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Pour la France, les pertes atteindraient 3,2 milliards d’euros. Un Brexit « serait particulièrement préjudiciable aux exportations en chimie (-0,52 milliard), en machines et équipements (-0,48 milliard) et en agroalimentaire (-0,39 milliard) », a estimé Ana Boata, économiste Europe d’Euler Hermes, citée dans l’étude.

S’exprimant devant des journalistes étrangers à Berlin, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a prédit « des dommages considérables pour l’Allemagne et aussi pour l’Europe » en cas de Brexit, « mais les conséquences les plus graves seraient pour le Royaume-Uni ».

Ludovic Subran, chef-économiste d’Euler Hermes, est convaincu que le pays « entrerait en récession dès 2019 ».

Un Brexit « provoquerait un recul considérable de son PIB et une forte dépréciation de la livre sterling, dégradant les chiffres d’affaires et les marges des entreprises britanniques », a-t-il prévenu.

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En cas de sortie de l’Union européenne (UE), le PIB du Royaume-Uni « reculerait de 4,3 points d’ici 2019 et 1.700 cas de défaillances d’entreprises supplémentaires seraient recensés », prévient l’assureur-crédit, qui estime à 30 milliards d’euros les pertes à l’export pour le pays, « soit 8 % du total de ses exportations ».

« Il faudrait au moins 10 ans au Royaume-Uni pour combler ce vide », assure l’étude.

Si Londres parvient à négocier un accord de libre-échange avec Bruxelles après le Brexit, la croissance subirait un impact plus modéré, mais qui atteindrait tout de même 2,8 %.

« Même si un nouvel accord de libre-échange avec l’UE est signé, la hausse des coûts de financement, le désinvestissement et la chute des exportations contribueront à l’apparition d’un climat d’affaires tendu au Royaume-Uni », assure M. Subran.

Les Britanniques vont décider par référendum le 23 juin si leur pays restera ou non membre de l’UE.