Le Brexit priverait le Royaume-Uni de 14 % de son PIB

Sterling and Euros. [Images Money/Flickr]

Dans le contexte d’élections britanniques extrêmement disputées et d’un possible référendum sur l’adhésion du pays à l’UE, le groupe de réflexion Bertelsmann Stiftung tire à son tour la sonnette d’alarme. Le Royaume-Uni serait en effet la première victime d’une sortie de l’UE.

L’impact d’une sortie de la Grande-Bretagne de l’UE affecterait principalement le pays lui-même, avant l’Allemagne ou le reste de l’Europe, avertit un rapport de la fondation allemande Bertelsmann Stiftung. Ce rapport, publié le 27 avril, intervient alors que le nombre de partisans du Brexit culmine au Royaume-Uni.

Un Brexit « aura des conséquences négatives à long terme sur la dynamique de croissance et la vitalité économique du pays », souligne le rapport du Bertelsmann Stiftung.

« En comparaison, l’Allemagne et le reste des États membres ne subiront que des pertes économiques limitées, assure le groupe de réflexion, qui précise pourtant que « toutes les parties impliquées seraient perdantes sur le plan économique et politique ».

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Jusqu’à 14 point du PIB

En fonction de l’accord commercial que Londres parviendrait à obtenir de l’UE, l’économie britannique pourrait se contracter de 0,6 à 3 %, avec une réduction du PIB jusqu’à 14 %.

D’ici 2030, l’économie d’un Royaume-Uni hors-UE disposerait de 300 milliards d’euros de moins que si le pays était resté dans l’Union.

Dans le meilleur des cas, le PIB par habitant diminuerait de 220 euros en 2030. Dans le pire des cas, la différence s’élèverait à 4 850 euros par habitant. Ces pertes dépassent de très loin toute économie réalisée grâce à l’abandon de la contribution du pays au budget de l’UE, qui correspond à 0,4 % du PIB britannique.

Le rapport souligne également les facteurs de risque spécifiques à l’économie britannique. L’industrie chimique serait le secteur le plus durement touché, avec une chute de presque 11 % dans le scénario catastrophe. Les services financiers et le secteur automobile seraient également affectés.

« Tout d’abord, une sortie de l’UE augmenterait les coûts liés au commerce entre le Royaume-Uni et le continent, et limiterait donc l’activité commerciale », explique le rapport.

Tous les États impliqués enregistreraient des pertes économiques. En Allemagne, le PIB perdrait entre 0,1 et 0,3 %, mais l’Irlande, le Luxembourg et la Belgique seraient les pays européens qui souffraient le plus d’un Brexit.

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Tous les membres de l’UE devraient augmenter leur contribution, afin de compenser la perte du Royaume-Uni. Dans le cas de l’Allemagne, cela signifierait une augmentation de 2,5 milliards par an.

« Le Brexit est une stratégie perdante pour tous les pays européens d’un point de vue économique », assure Aart De Geus, président du Bertelsmann Stiftung. « Mais ce serait aussi un recul amère en termes d’intégration européenne et de place de l’UE dans le monde. »

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Contexte

Le Parti conservateur a promis un référendum sur l'adhésion de la Grande-Bretagne avant fin 2017 s'il remporte les élections législatives de mai.

Le principal parti d'opposition, les travaillistes, ont annoncé qu'ils n'organiseraient de référendum que si davantage de compétences étaient transférées de Westminster à Bruxelles.

Les deux partis sont au coude-à-coude dans les sondages.

EURACTIV suit la campagne électorale britannique en temps réel (en anglais) : Countdown to UK election: A vote on Europe?

Prochaines étapes

  • 7 mai : Élections législatives au Royaume-Uni.

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