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26/09/2016

Les pro-européens reprennent l’avantage après la mort de Jo Cox

Royaume-Uni en Europe

Les pro-européens reprennent l’avantage après la mort de Jo Cox

L'élue membre du parti conservateur, Sayeeda Warsi, a retiré son soutien au camp pro-Brexit.

Les défenseurs du maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne ont une avance de trois points sur les partisans du Brexit dans le premier sondage réalisé depuis le meurtre de l’élue travailliste pro-européenne Jo Cox .

L’enquête réalisée par l’institut Survation pour le Mail on Sunday, qui s’est parallèlement déclaré officiellement en faveur du maintien, place le camp du « In » en tête avec 45% des suffrages contre 42% pour le « Out », rapporte samedi l’agence de presse britannique Press Association.

Camp « Remain »

Le précédent sondage Survation, effectué pour le compte du cabinet d’analyse financière IG, donnait les mêmes chiffres à l’envers, le « Out » étant crédité de 45% des voix contre 42% pour le camp « Remain ».

Il a été publié jeudi, quelques heures avant le meurtre de Jo Cox. Le nouveau sondage a été réalisé vendredi et samedi.

>>Lire : Brexit : suspension de la campagne après le meurtre d’une députée

L’incertitude est cependant toujours aussi grande sur l’issue du référendum de jeudi prochain sur l’avenir du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne.

Deux sondages de l’institut BMG publiés samedi et réalisés l’un par téléphone et l’autre par internet ont donné des résultats opposés : celui par téléphone donne une forte avance au camp « Remain », mais celui réalisé en ligne donne le camp du Brexit en tête.

Les deux sondages ont été menés pour le journal britannique The Herald avant l’assassinat de Jo Cox.

Selon l’enquête menée par téléphone, 53,3% des Britanniques se disent partisans du maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne (« Remain »), contre 46,7% qui disent vouloir la quitter (« Leave »).

Le second sondage mené en ligne donne le « Leave » devant, 55,5% des personnes interrogées disant vouloir voter pour une sortie lors du référendum du 23 juin prochain, contre 44,5% disant vouloir rester.

>>Lire : En direct: Brexit or no Brexit

L’institut BMG assure que le sondage par téléphone, mené auprès de 1.064 adultes entre le 10 et le 15 juin, soit avant l’assassinat de la députée Jo Cox, est plus fiable.

Mouvement en faveur du Brexit

« Notre sondage suggère que, bien qu’il y ait eu un fort mouvement en faveur du vote pour une sortie de l’UE dans les dernières semaines, le camp Remain reste bien devant », a déclaré Michael Turner, directeur de recherche à BMG.

Un troisième sondage publié samedi en début de soirée pour le journal The Observer donne les deux camps à égalité, avec 44% de voix chacun.

L’enquête a été effectuée par l’institut Opinium auprès de 2 006 personnes entre le 14 et le 17 juin. La plupart des sondés ont répondu avant le meurtre de Jo Cox.

Le précédent sondage Opinium/Observer, publié le 11 juin, donnait le camp du « In » légèrement devant, avec 44% contre 42% au camp du « Out ».

>>Lire : France et Allemagne craignent une désintégration de l’UE en cas de Brexit

Le Daily Mirror a publié quant à lui une enquête de l’institut YouGov réalisée les 15 et 16 juin et donnant aux partisans du Brexit une avance de deux points (44%) sur ceux du maintien (42%).

Le Sunday Times fait pourtant paraître un autre sondage réalisé jeudi et vendredi par YouGov, selon lequel le camp du maintien a une avance de 44% contre 43% aux partisans du Brexit.

 ‘L’effet Jo’

Malgré ce glissement sensible en faveur de l’UE, les analystes préféraient  rester prudents quant à l’impact du meurtre de Jo Cox sur l’issue du référendum.

Directeur de recherche de l’institut YouGov, Anthony Wells a estimé qu’un « retour vers le statu quo semble avoir le vent en poupe ».

Nigel Farage, le leader du parti europhobe Ukip, a dit sur le plateau d’ITV que le camp du Brexit était « sur une bonne dynamique jusqu’à cette terrible tragédie », laissant entendre qu’elle était désormais stoppée.

Interrogé par le Herald Scotland, le député du parti national écossais Alex Salmond a estimé que le drame « pourrait avoir un impact significatif ». Il pourrait aussi « avoir un effet durable sur la manière de conduire la politique et de sortir du caniveau », a-t-il ajouté.

L’affiche ‘répugnante’ de Farage

Sur ITV, le ministre des Finances, George Osborne, a dénoncé la dernière affiche de campagne de Nigel Farage mettant en scène une colonne de réfugiés et barrée du slogan « Breaking Point » (Point de rupture), publiée juste avant le meurtre de Jo Cox.

« C’est une affiche répugnante et ignoble qui rappelle la propagande nazie des années 1930 », a-t-il dit.

Une ancienne secrétaire d’État aux Affaires étrangères, la conservatrice Sayeeda Warsi, a même annoncé arrêter de faire campagne pour la sortie de l’UE, condamnant cette affiche.

« Sommes-nous prêts à raconter des mensonges, à répandre la haine et la xénophobie juste pour gagner une campagne? Pour moi, c’est allé trop loin », a-t-elle déclaré au Times dans un entretien à paraître lundi.