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24/07/2016

Le Medef britannique veut rester dans l’Union européenne

Royaume-Uni en Europe

Le Medef britannique veut rester dans l’Union européenne

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La plus grande organisation patronale britannique ne voit que des avantages au maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE.

Il est tout à fait dans l'intérêt national britannique de rester dans l'UE, selon le rapport de la Confederation of British Industries (CBI), le Medef anglais, intitulé Our Global Future: the Business Vision for a Reformed EU.

L'organisation représente 240 000 entreprises qui emploient ensemble près d'un tiers de la main-d'œuvre du secteur privé au Royaume-Uni.

« Nous devons tous connaître l'avenir de la Grande-Bretagne dans une économie mondiale en évolution », a déclaré John Cridland, le directeur général de la CBI, dans un communiqué.

« Nous avons examiné les avantages et inconvénients de l'adhésion à l'UE, au-delà de la rhétorique politique, et les entreprises britanniques sont sans équivoque : le marché unique est fondamental pour notre avenir. »

Le rapport indique que le maintien dans l'UE représente environ 4 à 5 % du produit intérieur brut annuel du Royaume-Uni, soit 62 à 78 milliards de livres sterling (73 à 91 milliards d'euros). Autrement dit, 3 000 livres sterling (3 540 euros) pour chaque ménage.

L'adhésion a permis l'accès des biens et services à un marché européen de 500 millions de personnes. Elle a également consolidé la place de Londres comme le premier centre financier dans le monde. Et elle a attiré des investissements étrangers, estime la CBI.

L'influence britannique

Les auteurs du rapport concluent que le Royaume-Uni a réussi à « influencer l'UE au fil du temps ». Le pays pèse de tout son poids dans certains domaines, tels que le développement du marché unique et l'élargissement de l'UE.

Londres n'a toutefois aucun contrôle unilatéral sur certains règlements, notamment l'emploi. Ce qui frustre profondément les îles britanniques, selon la CBI. La Commission européenne est également critiquée en raison de sa tendance à étendre ses pouvoirs réglementaires à des domaines sensibles, comme la santé, la sécurité et l'aide sociale.

L'UE devrait au contraire se concentrer sur la signature d'accords commerciaux avec de grands marchés bien établis, comme les États-Unis, et des marchés émergents à forte croissance.

Pas d'autre solution

Même si la Commission européenne élargit ses pouvoirs en vue de lutter contre la crise de la dette dans la zone euro, le Royaume-Uni ne devrait pas suivre la même voie, mettent en garde les auteurs du rapport.

« Je précise que le renforcement de la zone euro ne concerne pas la Grande-Bretagne. La grande question de la réforme, c'est de garantir que la place de la Grande-Bretagne dans le marché unique et les Vingt-Huit ne soit pas ébranlée ou diminuée par cet élan vers l'intégration renforcée de la zone euro », estime M. Cridland

Tant que ces limites ne sont pas franchies, aucune autre solution réaliste ne peut combiner tous les avantages du maintien dans l'UE sans les coûts, d'après le CBI. Une union douanière n'offrirait donc pas l'accès dont les entreprises britanniques ont besoin dans une économie mondiale complexe. Et avec un modèle norvégien ou suisse, les entreprises britanniques n'auraient aucune influence, ou très peu, sur les règles du marché.

Réactions

« Le rapport du CBI indique clairement que les entreprises ne veulent pas que la Grande-Bretagne quitte l'UE », a expliqué à la BBC Gareth Thomas, ministre du cabinet fantôme en charge de l'Europe.

« David Cameron est prêt à mettre cela en péril, car son approche de l'Europe s'appuie sur des intérêts partisans étroits et non sur l'intérêt national britannique. Le parti travailliste estime qu'un engagement à rester au cœur de l'UE, accompagné d’un programme clair de réformes possibles, est la meilleure solution pour la Grande-Bretagne. »

Contexte

La sortie éventuelle de la Grande-Bretagne de l'Union européenne figurait en tête de l'agenda politique en janvier. Le premier ministre David Cameron avait déclaré que la Grande-Bretagne devait utiliser les bouleversements créés par la crise de la zone euro pour nouer de nouvelles relations avec l’UE.

>> Lire : David Cameron prend le risque d’organiser un référendum sur l’UE

La Grande-Bretagne a négocié plusieurs désengagements de domaines politiques clés de l'UE depuis son adhésion en 1973. Elle n'est pas membre de la zone euro, n'a pas ratifié le traité de libre circulation de Schengen et ne veut pas respecter un certain nombre de règles européennes de coopération policière et judiciaire.

Prochaines étapes

  • 2017 : date éventuelle du référendum sur la place de la Grande-Bretagne dans l'UE, si David Cameron est réélu en 2015

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