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06/12/2016

Le modèle norvégien hors de portée du Royaume-Uni

Royaume-Uni en Europe

Le modèle norvégien hors de portée du Royaume-Uni

Les relations entre la Norvège et l'UE sont régie par l'AELE.

Oslo se montre peu encline à voir le Royaume-Uni réintégré l’Association européenne de libre-échange, que Londres considérait comme une alternative à l’UE.

La ministre norvégienne aux Affaires européennes s’est montrée dubitative mardi face à un éventuel retour de la Grande-Bretagne dans l’Association européenne de libre-échange (AELE), hypothéquant ainsi les chances que Londres puisse suivre le modèle norvégien après le Brexit.

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« Il n’est pas acquis qu’il soit positif de laisser entrer un grand pays dans cette organisation », a déclaré la ministre, Elisabeth Vik Aspaker, dans un entretien avec le journal Aftenposten. « Cela déplacerait le point d’équilibre, ce qui n’est pas nécessairement dans les intérêts de la Norvège. »

Le royaume scandinave n’est pas membre de l’Union européenne, mais a accès au juteux marché intérieur européen via son appartenance à l’Espace économique européen (EEE), qui regroupe les pays de l’UE et trois des quatre membres de l’AELE (la Norvège, l’Islande et Liechtenstein, mais pas la Suisse).

Même s’il est critiqué jusqu’en Norvège puisqu’il suppose d’appliquer les réglementations européennes sans avoir voix au chapitre, ce modèle a été montré en exemple en Grande-Bretagne dans le camp du Brexit dans le cadre du référendum qui a vu la victoire des partisans d’une sortie de l’UE le 23 juin.

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Le Royaume-Uni faisait partie des pays fondateurs de l’AELE en 1960, organisation de libre-échange qui constituait un pendant à la Communauté économique européenne, devenue Union européenne. En 1973, il avait privilégié une adhésion à la CEE.

En s’opposant à un retour des Britanniques dans l’AELE où les décisions doivent être prises à l’unanimité, la Norvège torpillerait les chances que Londres puisse accéder au marché intérieur européen via l’EEE puisqu’une appartenance à celui-ci nécessite d’être membre soit de l’UE soit de l’AELE.

Avant l’été, le gouvernement norvégien a mis en place un groupe de travail interministériel pour réfléchir aux conséquences du Brexit. La date de remise de ses conclusions n’est pas connue.

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