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07/12/2016

Le Parlement prévoit une session extraordinaire en cas de Brexit

Royaume-Uni en Europe

Le Parlement prévoit une session extraordinaire en cas de Brexit

Le leader du partie antieuropéen britannique, Nigel Frage, au Parlement. Foto: EP

La dernière session parlementaire avant le référendum britannique juin vient de s’achever à Strasbourg, ou les eurodéputés oscillent entre la politique de l’Autruche et l’inquiétude.

La session parlementaire mensuelle s’est tranquillement à Strasbourg, où les eurodéputés ont planché sur les perturbateurs endocriniens, la crise migratoire ou encore les nouvelles propositions européennes pour enrayer l’évasion fiscale.

Parmi tous les sujets de discussion des élus européens, celui du vote britannique sur le maintien a fait figure de grand absent. « Nous avons un peu adopté la technique de l’Autruche », reconnait une élue socialiste.

A l’exception du leader des libéraux, Guy Verhofstadt, aucun des présidents des principaux groupes politiques au Parlement n’a  abordé spontanément le sujet du Brexit. Une retenue qui s’explique par la volonté des parlementaires européens de ne pas gêner les Britanniques dans la dernière ligne droite de la campagne.

Pas de divorce à l’amiable

Mais pour d’autres, l’avenir des Britanniques au sein du Parlement n’est pas un tabou.  « Si la Grande-Bretagne choisit de sortir de l’Union européenne le 24 juin prochain, je suis pour qu’elle paye le prix maximum » affirme Yannick Jadot.

>>Lire : L’UE compte mener la vie dure au Royaume-Uni en cas de Brexit

«  Il faut que ça leur coute cher, car sinon c’est la porte ouverte à tous les États comme la Slovaquie par exemple, qui vont penser qu’il vaut mieux adopter la stratégie individualiste du Royaume-Uni plutôt que de la jouer collectif» poursuit l’élu écologiste. « Toutes les extrêmes droites et populistes en Europe pourront jouer la carte de David Cameron et négocier un statut spécial »

Technique de l’Autruche

Pour l’heure, nul ne semble savoir ce qu’il adviendra des députés britanniques au Parlement européen. Pourtant, la prochaine session parlementaire est prévue au début du mois de juillet, une dizaine de jours à peine après le référendum.

« Si les Britanniques, dans la période de deux de négociation, continuent à participer au budget communautaire par exemple, il serait normal que les eurodéputés puissent participer au contrôle budgétaire » explique Yannick Jadot.

Côté chef de file des groupes politiques, la question gêne. « Que va-t-on faire ?, j’espère qu’on fera tous la fête à la session de juillet pour fêter le Brexin » esquive Gianni Pitella, le chef des socialistes.

>>Lire : En direct: Brexit or no Brexit

Pour Manfred Weber, « le traité ne dit pas énormément de choses sur ce point […] mais un Brexit devrait forcément se traduire par une perte d’influence politique ».

Session extraordinaire

En coulisse, le Parlement « se prépare aux différents scénarios » explique une élue française.

Une réunion réunissant entre autres le président du Parlement européen, Martin Schultz, ainsi que les chefs des principaux groupes politiques – Manfred Weber pour le PPE, Guy Verhofstadt pour les libéraux et Gianni Pitella pour les socialistes  devait se tenir le mardi 7 juin.

>>Lire : Juncker prévient d’un rafraichissement des relations avec le Royaume-Uni en cas de Brexit

Objectif, préparer les prises de position du Parlement en cas de Brexit, ou en cas de Brexin. «  Si le Royaume-Uni quitte l’UE, le Parlement devra tenir une session extraordinaire entre le 24 juin et le Conseil européen du 28 juin ».