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19/01/2017

L’Écosse reproche à Londres sa «xénophobie»

Royaume-Uni en Europe

L’Écosse reproche à Londres sa «xénophobie»

« Ils se servent [du Brexit] comme d'un permis de xénophobie, qui a longtemps été tapie sous la surface et est désormais en pleine lumière. »

[Twocoms/Shutterstock]

Nicola Sturgeon, la Première ministre écossaise, attaque le gouvernement sur ses positions post-référendum et l’accuse de transformer les étrangers en « bouc émissaires ».

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, partisane du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne, accuse le gouvernement britannique d’utiliser le Brexit pour véhiculer la « xénophobie » et transformer les étrangers en « boucs émissaires », selon des propos transmis à la presse avant le congrès annuel de son parti.

Au contraire de l’Angleterre et du Pays de Galles, l’Écosse a majoritairement voté le 23 juin pour que le Royaume-Uni reste membre de l’UE (62%). Mais depuis la victoire du « oui » au Brexit, Mme Sturgeon ne cesse de critiquer la façon dont le gouvernement conservateur gère la situation.

Le 13 octobre à Glasgow, à l’ouverture du congrès annuel du SNP, le parti indépendantiste qu’elle dirige, la leader écossaise doit s’en prendre à « l’aile droite du parti conservateur », une frange « en pleine ascension qui veut détourner à son profit le résultat du référendum ».

>> Lire : Nicola Sturgeon relance le débat sur l’indépendance de l’Écosse

« Le Brexit est devenu le Brexit Tory », devrait déclarer Nicola Sturgeon, selon ces propos transmis par son cabinet. « Ils se servent [du Brexit] comme d’un permis de xénophobie, qui a longtemps été tapie sous la surface et est désormais en pleine lumière. »

Au début du mois, lors de son congrès à Birmingham, le parti conservateur avait dévoilé un nouveau plan destiné à pousser les entreprises à publier une liste de leurs employés non britanniques. Quelques jours plus tard, le gouvernement de Theresa May avait rétropédalé et jugé que le projet avait été « mal interprété ».

Nicola Sturgeon n’en démord cependant pas : le congrès conservateur aura été « une honte », car « nous avons été témoins d’une intolérance envers les étrangers qui n’a pas sa place dans une société moderne, multiculturelle et civilisée », toujours selon son discours de jeudi.

La Première ministre écossaise, qui a relancé le projet d’un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Écosse, doit aussi fustiger jeudi le Brexit dur, ou radical, c’est-à-dire avec un contrôle strict de l’immigration, synonyme d’accès restreint au marché unique européen.

>> Lire : Theresa May envisage un Brexit radical

Cette approche, manifestement favorisée par Londres, n’est pas celle qu’ont choisie les Britanniques partisans du retrait de l’UE, selon elle. « Ils n’ont pas voté pour abaisser notre niveau de vie ou pour sacrifier des emplois et des investissements », doit-elle marteler. « Ils n’ont pas voté pour transformer les étrangers en boucs émissaires. »

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